ENSEIGNER AVEC LA CLÉ
DES PROCÉDÉS LITTÉRAIRES
1. UN PARCOURS ANALYTIQUE
1.1. Les dimensions du texte.
1.2. L'énonciation.
1.3. L'énoncé.
1.4. Les signifiants linguistiques.
1.5. Les signifiants physiques.
1.6. Catégories d'opération selon le
nombre d'objets.
1.7. Trois niveaux opératoires.
1.8. Objets dont on considère la
qualité.
1.9. Objets dont on considère la
quantité.
1.10. Objets dont on considère la
position.
1.11. Ajout, suppression, substitution.
1.12. Rapprochement et opérations
apparentées.
1.13. Classer les figures.
2. DISSÉQUER LES GENRES
2.1 Du procédé au genre.
2.2. Les pages choisies.
2.3. Du genre au style
3. AU TOUR DE L'INTERNAUTE
L'enseignement de l'analyse de texte passe par le discours de l'enseignant. L'apprenant écoute, pose des questions, tente de refaire le processus d'analyse sur un autre texte... Pourrait-on concevoir un scénario où l'étudiant apprendrait lui-même un processus d'analyse en ligne? La Clé des procédés littéraires tente de répondre à ce besoin en exploitant les possibilités de l'hypertexte, un environnement idéal pour passer des textes aux procédés, des procédés aux genres, avant de retourner au texte. Le cheminement inverse est aussi possible. Sans les nouvelles technologies de l'information et des communications, un tel outil d'identification n'aurait pu voir le jour.
1. UN PARCOURS ANALYTIQUE
Cas 1. Des internautes me contactent pour que je les aide à identifier des procédés. Je réponds en proposant une brève analyse par les matériaux et les opérations, suggère quelques noms de figures mais aussi quelques cases de la clé des procédés littéraires qu'ils peuvent explorer. Les internautes vont voir les cases en question et jugent si ce qu'ils y trouvent leur convient. Il leur est loisible de poursuivre leurs propres analyses en prospectant les cases d'autres matériaux et opérations. Je cherche la signification de paranomase correspondant
à un style de poésie. Pouvez vous m'aider? Merci. Bonjour, Ça fait longtemps que je me pose la question et je n'y
ai jamais trouvé de réponse. Votre site m'a
été référé par un professeur de
français du collège et il est très
intéressant. Malheureusement, je n'ai pu y trouver
l'information recherchée. Vous connaissez sûrement
Léonard De Vinci et sa façon d'écrire. Voyez,
il écrivait à l'envers et il fallait un miroir pour
lire ses écrits. Par hasard, lorsque j'eus 7 ans, j'ai
commencé à écrire de cette façon:
à l'envers, partant de la droite pour finir à gauche
mais à l'inverse de l'écriture traditionnelle. Alors,
il fallait un miroir à mes proches pour me lire. J'aimerais
connaître le nom de ce procédé. Quelqu'un m'a
dit que cela s'apparentait à la dyslexie, mais je ne suis
pas d'accord. Alors, pouvez-vous m'aider à trouver cette
information. Bonjour, J'ai déjà écris à votre personnel
que je cherchais le nom d'un procédé
d'écriture qui consiste à écrire à
l'envers (à la façon de Leonardo Da Vinci. On m'a
répondu qu'on appelait ce procédé un
boustrophédon. Mais après avoir consulté votre
index, un boustrophédon c'est l'inversement des lettres du
début à la fin. Exemple: einahpets pour Stephanie.
Par contre, on doit lire l'écriture de Da Vinci dans un
miroir pour la déchiffrer. Alors que pour le
boustrophédon, on peut le lire facilement à l'oeil.
Qu'est donc la réponse à mon énigme? Bonjour, |

Figure 1. On peut analyser un procédé
littéraire au moyen de deux composantes: un matériau,
(symbolisé par l'encre) et une opération
(figurée par la plume).
La Clé des procédés est un dictionnaire qui permet d'identifier les figures de style dans un texte. Son fonctionnement s'inspire de la clé dichotomique, fort utilisée en botanique. Au moyen de questions à embranchement binaire, qui orientent vers d'autres questions, on peut aboutir au nom de l'arbre ou de la plante qu'on veut identifier. Par exemple, les feuilles sont-elles allongées? Oui / Non. Si oui, on passe à la question suivante. Si non, on passe à un autre type d'arbre. Les feuilles sont-elles dentelées? Oui / Non. Si non, il s'agit d'un chêne, etc.
La Clé des procédés littéraires, au lieu de proposer un cheminement au moyen d'embranchements binaires, a pour base des concepts rhétoriques élémentaires, comme les définissent le Groupe mu dans Rhétorique générale (1970) et B. Dupriez, dans "Taxinomie(s)", Texte --- La Rhétorique du texte, (1989). Ces éléments rhétoriques se divisent simplement en matériaux et opérations. Les matériaux littéraires, ce sont les mots, les lettres, le destinataire, etc., soit tous les "objets" qu'on peut utiliser à des fins esthétiques. On entend par opération tout ce qu'on peut "faire" avec les "objets", ou matériaux littéraires, pour obtenir un effet désiré. Pensons à l'ajout, la suppression, la permutation, la rupture, la prépondérance, etc.). Par exemple, pour le procédé d'allitération dans "Pour qui sont ces serpents qui sifflent sur vos têtes?" (Racine, Andromaque, V, 5), l'opération de répétition (nous distinguerons plus tard parmi les procédés de répétition ceux portant sur des nombres précis ou indécis) agit sur la sonorité, qui en est le matériau. La répétition reprend ici cinq fois le même objet, soit le son "s". Sans reprendre toutes les réflexions qui ont mené à ces concepts, nous allons les présenter rapidement au moyen de tableaux. Voyons d'abord les matériaux.
| TABLEAU DES MATÉRIAUX ou objets du faire expressif. |
|
| LES DIMENSIONS DU TEXTE | |
Oeuvre envisagée globalement.
Texte. |
|
Partie d'oeuvre. Paragraphe (ou phrase). Segment
linéaire étendu. |
|
Segment moyen. Membre de phrase. Rythme.
Étendue temporelle. |
|
Segment court. Disposition sur la page.
Étendue spatiale. |
|
| LES ASPECTS DU TEXTE (le signifié) | |
| L'ÉNONCIATION. | L'ÉNONCÉ. |
Situation. Où, quand se fait la
communication. |
Contenu du texte, sans
spécification. |
Types de contact entre les interlocuteurs.
|
Objet, outil, vêtement, parties du
corps. |
Locuteur. Auteur. Celui qui dit je. |
Sentiment y compris les sensations. |
Destinataire. Celui à qui on dit
tu. |
Idée, abstraction. |
Façonnement esthétique. Les
genres littéraires. |
Action. |
Visée argumentative. Intention. |
Personne, personnage, il(s) ou
elle(s), institution.
|
| LES ASPECTS DU TEXTE (le signifiant) | |
| Les aspects linguistiques. | Les aspects physiques, sensibles du texte et de la langue. |
Langue en général, sans
spécifier. |
Sonorité. |
Forme lexicale. Le vocabulaire. |
Mélodie et intonation. |
Forme grammaticale. Marques de
l'actualisation. |
Geste, mimique. |
Construction syntaxique et fonctions
actancielles.
| Graphie, choix des lettres et de leur
forme. |
Graphisme, dessin. |
|
Y figurent d'abord les dimensions du texte, de la plus grande, l'ensemble de l'oeuvre, aux plus petites parties d'espace et de temps. Ensuite sont regroupés les matériaux du signifié. On y retrouve l'énonciation, où sont repris quelques-uns des classèmes de Jakobson, ainsi que l'énoncé, divisé en fonction des principales catégories de contenu. Puis les deux grandes articulations du signifié, telles que les envisageait Martinet, viennent compléter le tout avec, d'un côté, les aspects linguistiques ou combinatoires, et de l'autre, les aspects physiques du texte.
1.1. Les dimensions du texte.
Les dimensions concrètes du texte définissent son
étendue dans l'espace (étendue spatiale) on
dans le temps (étendue temporelle). Dans le premier
cas, il s'agit de procédés touchant la mise en page,
dans le second cas il est question de rythme. On peut
considérer aussi un des segments du texte (segment
linéaire étendu) ou sa globalité
(texte). On parcourt ici différentes dimensions
physiques du texte, du syntagme à l'oeuvre, en passant par
la phrase, l'alinéa, le paragraphe et le chapitre,
éléments qui constituent des aspects unitaires ou
sécables utiles.
1.2. L'énonciation.
L'énonciation, un des aspects du signifié, ne
concerne pas directement le contenu mais tout ce qui peut en
modifier la signification. Inspirés des pôles de
l'énonciation définis par Jakobson dans Essai de
linguistique générale, la situation, le
contact, l'auteur, le destinataire, le
façonnement esthétique et la visée
argumentative permettent de classer les procédés
de sens qui prennent place dans le texte ou dans son environnement
immédiat et qui peuvent en modifier le contenu.
1.3. L'énoncé.
Le contenu du texte, ou l'énoncé, englobe tout ce qui
est directement exprimé dans le texte. Il s'agit du contenu
explicite, pris globalement. Pour les besoins des matériaux
de la littérature, on peut en gros distinguer les contenus
centrés sur un objet, une idée, un
sentiment, une action ou une personne. Un
énoncé pris dans un sens général sera
classé dans la catégorie contenu. Ces
éléments permettent de créer de nombreuses
catégories très utiles pour le classement.
1.4. Les signifiants linguistiques.
Martinet les présente comme la deuxième articulation
du signifiant, la première étant les signifiants
physiques. La langue, comme classème, permet de
regrouper les procédés qui touchent globalement tous
les autres aspects, soit la forme lexicale, la forme
grammaticale et la construction syntaxique.
1.5. Les signifiants physiques.
On trouve ici les procédés du signifiant directement
accessibles aux sens. On peut entendre la sonorité et
la mélodie, voir le geste, la graphie
et le graphisme.
| TABLEAU DES OPÉRATIONS ou «ce qui est fait en vue de dire». |
|||
| . | ÉLÉMENT. | ENSEMBLE. | STRUCTURE. |
| QUALITÉ | Bien. |
Mieux ou moins mal. |
Tragique. |
Mal. |
Pire ou moins bien. |
Comique. |
|
| QUANTITÉ | Nombre précis. |
Répartition. |
Usage. |
Nombre indéfini. |
Totalité. |
Rareté. |
|
| POSITION | (Ordre) | (Place) | (Organisation) |
Gradation. |
Au milieu. |
En conformité. |
|
Alternance. |
Au début. |
En opposition. |
|
Inversion. |
À la fin. |
||
Désordre. |
À côté. |
||
| OPÉRATION PORTANT SUR UN OBJET | Ajout. |
Augmentation. |
Complexification. |
Suppression. |
Diminution. |
Simplification. |
|
| OPÉRATION PORTANT SUR
DEUX OBJETS (un à la fois) |
Substitution. |
Modification. |
Métamorphose. |
| OPÉRATION
PORTANT SUR DEUX OBJETS OU PLUS (en même temps) |
Rapprochement. |
Ressemblance. |
Amalgame ou confusion. |
Dépendance. |
Ressemblance et dissemblance. |
Prépondérance. |
|
Séparation forcée. |
Rupture ou dissemblance totale. |
||
1.6. Catégories d'opération selon le nombre
d'objets.
Le Groupe mu proposait, dans Rhétorique
générale, quatre opérations
rhétoriques: suppression, adjonction, suppression-adjonction
et permutation. Ces opérations paraissaient englober toutes
les possibilités de procédés. Cependant, en
redéfinissant les champs d'application de ces quatre
catégories de base définies par les travaux
remarquables du groupe de Liège, il devient possible d'en
élaborer de nouvelles. Pour ce faire, les catégories
mises au point prennent en considération la quantité
d'"objets" présents lors de l'opération. Un premier
aperçu des catégories permettra d'y voir plus clair.
On peut donc se demander si l'opération porte sur:
1. un seul objet.
2. deux objets, un seul étant présent à la
fois.
3. deux objets en même temps qui sont mis en relation.
4. des objets dont on considère la quantité.
5. des objets dont on considère la position.
6. des objets dont on considère la qualité.
En partant des catégories d'opérations
proposées par le Groupe mu, on remarque que, pour
l'adjonction comme pour la suppression, l'opération ne porte
que sur seul objet ou type d'objet (catégorie 1). En ce qui
concerne la substitution (présentée par le Groupe mu
comme suppression-adjonction), il est possible de percevoir deux
objets (catégorie 2), en précisant cependant qu'un
seul est présent à la fois. Par exemple, pour pouvoir
dire d'un texte qu'il s'agit d'une traduction (substitution de
langue), il faut connaître l'existence d'une version
originale. Enfin, l'opération de permutation porte sur deux
objets ou plus dont on considère les positions respectives
(catégorie 5). Pour les répétitions
significatives, comme les allitérations, le récit
répétitif ou le pentagramme, plutôt que d'y
voir une adjonction reprise un certain nombre de fois, il semblait
utile de définir un nouveau champ d'application
représenté par des objets dont on considère la
quantité (catégorie 4). Par déduction,
à partir des regroupements d'application placés dans
un ordre croissant d'objets d'opération, on peut extrapoler
le cas où deux objets présents en même temps
sont mis en relation (catégorie 3). S'y regroupent des
procédés comme le plagiat, puisqu'il faut avoir sous
les yeux à la fois la copie illicite et l'original avant de
pouvoir porter le verdict de plagiat, ou le mot-valise avec ses
deux lexèmes étroitement collés.
Précisons que dans la plupart des cas les deux objets de
l'opération considérés ressortissent au
même paradigme ou à la même dimension mais qu'il
existe deux cas, l'amalgame et la prépondérance,
où les deux matériaux sont de nature
différente du fait que l'opération porte sur la
structure implicite. Nous y reviendrons. Enfin, pour dire d'un
contenu qu'il est bon ou mauvais, il faut "opérer" un
jugement de valeur, autrement dit prendre en compte la
qualité des objets (catégorie 6). Pour
compléter les catégories de classement des
opérations, il faut tenir compte de trois niveaux
opératoires.
1.7. Trois niveaux opératoires.
Des procédés comme l'addenda, la glose et
l'intertexte doivent être envisagés comme des
adjonctions touchant le matériau "texte". Malgré
qu'ils soient étroitement apparentés par
l'opération qui les définit, les différences
sont notables. En intégrant des degrés de
complexité aux travaux de taxinomie et de typologie, il
devient possible de distinguer ces trois exemples. On constate tout
d'abord que le degré de complexité de
l'opération va croissant. La prise en considération
des niveaux opératoires, dont nous allons parler, donnera
à notre travail un outil supplémentaire pour
l'analyse. Pour chacune des catégories d'opération
portant sur la quantité d'objets, il est donc possible de
distinguer trois niveaux opératoires, selon que le
matériau rhétorique est considéré en
tant qu'élément, ensemble ou système.
1) Dans les cas les plus simples, le matériau apparaît
comme un élément indivisible. On considère le
paradigme de l'extérieur, comme un objet constituant une
quantité discrète. On ne peut donc y effectuer que
des opérations globales ou totales. À ces cas
correspond la colonne pâle dans le tableau.
2) Le matériau peut se présenter comme un ensemble
formé de parties. On considère le paradigme de
l'intérieur et on peut y effectuer des opérations
partielles ou sur des parties. Cette catégorie regroupe tout
ce qui constitue une quantité continue. Se
référer à la colonne médiane dans le
tableau.
3) Enfin, il est possible de considérer le matériau
en tant qu'ensemble de possibles ou, comme le propose Henri
Meschonnic dans Pour la poétique Vol. I: "ne
plus partir du style comme écart, choix dans la langue,
originalité --- partir de l'oeuvre tout entière,
comme système générateur de formes profondes,
fermeture et ouverture." Dans ce cas-ci, le matériau se
présente comme une structure aux multiples relations, qui
s'établissent au sein d'une organisation en réseau.
Voir la colonne foncée dans le tableau.
Avec ces trois nouvelles classes d'opérations, reprenons la
difficulté que nous avions laissée en suspens, soit
de distinguer dans le texte les adjonctions que sont l'addenda, la
glose et l'intertexte. L'addenda constituant un texte en soi, il
est adjoint au texte original un texte nouveau,
considéré en tant qu'entité semblable à
la première; il s'agit d'un ajout. Avec la glose, on adjoint
du texte à un autre qui existait déjà. Le
texte, pris comme ensemble, se voit donc augmenté; c'est
l'opération d'augmentation. Enfin, l'intertexte
établit tout un jeu de nouvelles relations avec le texte
considéré comme système; on peut alors parler
de complexification.
1.8. Objets dont on considère la
qualité.
Le comique opère à partir des valeurs connues du
public et peut être vu comme une opération qui
consiste à porter un jugement de valeur sur une situation
donnée. La "qualité" d'un objet, se définit
non pas comme un contenu, mais comme un jugement
opéré sur cet objet. Les deux pôles de la
connotations étant le bien et le mal, les trois niveaux
opératoires précédemment définis
permettent de distinguer six opérations. Au niveau le plus
élémentaire, l'opération de qualité
attribuée à un objet considéré
globalement détermine qu'un élément est bon ou
mauvais. Les opérations obtenues font penser en bien
ou en mal à propos de l'objet. Un texte dont on pense
beaucoup de bien passera pour un chef-d'oeuvre. Dans le cas des
ensembles, on ne tient compte que d'une partie des valeurs
implicites en vue de comparer. Considérons d'abord le cas
où l'opération introduit une nuance
méliorative dans une structure, comparé à un
état précédent. On dira alors que c'est
mieux ou moins mal. Une anthologie, par exemple, regroupe
les textes considérés comme les meilleurs d'un
ensemble. À l'opposé, si l'opération propose
une nuance péjorative, ce sera moins bien ou pire.
D'une production ambitieuse sur le plan littéraire, mais qui
rate son but, on parlera d'écrivasseries. Le
troisième niveau opératoire, celui des structures,
établit quant à lui un jeu complexe dans les
réseaux de valeur où des courts-circuits peuvent
détourner le jugement. Avec le tragique, le bonheur
se tourne en malheur; on s'attendait à quelque chose de
bien, mais le contraire se produit. Dans le cas du comique,
le malheur se tourne en bonheur.
1.9. Objets dont on considère la
quantité.
Lorsque l'attention se porte sur le nombre d'objets de même
nature, sans égard aux différences de détail,
on ne considère plus l'objet en soi, mais sa contribution
à un procédé portant sur la quantité.
Pour une collection donnée d'éléments
indivisibles, il sera question de nombre précis si
l'exactitude importe. La métrique française, par
exemple, utilise beaucoup de procédés de ce type pour
l'établissement de formes fixes. Si l'exactitude n'a pas
d'importance, s'il est suffisant de savoir qu'il y a peu ou
beaucoup d'éléments, il s'agit d'un nombre
indécis. C'est le cas pour l'allitération, qui
joue sur la répétition d'un son, sans qu'importe
précisement la quantité. D'un objet pris comme
ensemble il y aura lieu soit d'opérer en
répartition, si on en considère
individuellement les parties, soit sur la totalité,
si on en considère globalement les parties. L'usage
permet de mettre à jour une fréquence d'utilisation
dans un système donné. L'objet se voit
consacré par une répétition ou par un
consensus au sein d'un groupe d'utilisateurs à
l'intérieur d'une limite spatio-temporelle donnée. La
rareté, quant à elle, se définit
inversement et signale une parcimonie d'utilisation notable.
Autrement dit, le système a tendance à se
restreindre.
1.10. Objets dont on considère la position.
Seule est considérée ici la disposition d'objets de
même nature, sans égard aux différences de
détail. Au premier niveau opératoire, on place une
série d'éléments selon un ordre que l'on juge
significatif. On parle de gradation si une série
d'éléments indivisibles présente un certain
ordre croissant ou décroissant, d'alternance si un
même élément revient
régulièrement dans une série,
d'inversion si une série d'éléments
indivisibles présente un ordre contraire à celui qui
est attendu et de désordre si une série
d'éléments indivisibles est présentée
délibérément sans ordre. Au niveau suivant, il
est nécessaire de disposer d'un point de
référence pour déterminer une position.
L'opération se nomme au milieu si quelque chose est
placé au centre de l'ensemble. On considère par
exemple que le présent définit une position au centre
de la durée. Dans le même ordre d'idée, on a
au début ou avant si quelque chose
précède ou commence l'ensemble, à la fin ou
après si quelque chose suit ou termine l'ensemble, et
à côté si quelque chose est placé
en parallèle à l'ensemble. Enfin, lorsque le
matériau est envisagé comme système, on
délimite un réseau, on met en évidence quelque
chose dans la matrice, on met à jour une organisation.
À ce type d'opération se rattachent les
procédés qui s'appuient sur une organisation
déjà en place. On aura ainsi les opérations
en conformité et en opposition.
1.11. Ajout, suppression, substitution.
Les procédés qu'on trouve dans les opérations
portant sur un seul objet et dans celles portant sur deux objets
mais où un seul est présent à la fois forment
les opérations élémentaires des figures de
style. L'ajout, l'augmentation et la
complexification ont été exemplifiés
lors de l'explication des niveaux opératoires.
L'opération contraire appliquée à des
unités sera la suppression. Des parties semblables
soustraites à un ensemble définissent la
diminution. On peut ainsi, en prenant pour exemple le
matériau "contact", diminuer son efficacité en
faisant preuve d'esprit de clocher. Il faut remarquer qu'un
même procédé peut être décrit en
fonction de niveaux opératoires différents selon le
type de matériau considéré.
L'épenthèse et la syncope, ajout et suppression de
lettres, seront des augmentations ou des diminutions pour le mot.
L'opération de substitution, comme l'a définie
le Groupe mu dans Rhétorique générale,
peut être envisagée comme une suppression suivie d'une
adjonction. Autrement dit, deux objets de même nature sont
mis en relation mais l'un d'eux seulement est
présenté. C'est le cas de l'antanaclase,
procédé qui consiste à remplacer le sens d'un
mot par un autre de ses sens possibles. Sur l'objet envisagé
comme un ensemble, on peut effectuer des substitutions partielles,
et on parlera d'altération. Cette opération
appliquée à la langue permet de classer des
phénomènes comme le baragouin ou le français
parlé avec un accent italien. Au sein d'un système,
l'action d'adjoindre crée une complexification en ce
sens que le procédé développe davantage de
relations dans une structure donnée. Supprimer devient une
simplification, si le procédé s'en tient
à un minimum de relations dans une structure donnée.
La maturation est un exemple de complexification du locuteur, alors
que le mot d'enfant illustre l'opération inverse. La
métamorphose, enfin, une substitution de
système, permet de classer les procédés de
transformation complexe.
1.12. Rapprochement et opérations
apparentées.
Même s'il peut se présenter des cas où plus de
deux objets d'opération sont présents à la
fois, les relations considérées se font toujours sur
les objets pris deux à deux. Précisons que les objets
de l'opération doivent être de même nature (des
mots, des contacts), sauf dans le cas de l'amalgame et de la
prépondérance qui établissent des relations
entre deux matériaux différents. Lorsque deux
éléments indivisibles de même type sont mis en
relation, on suppose l'existence d'atomes crochus, de "forces" qui
en émanent. L'image du magnétisme permet de mieux
comprendre comment agissent les phénomènes
d'attraction et de répulsion. Ainsi, on peut
considérer trois types de relations entre les
éléments: on met en présence deux pôles
répulsifs, on sépare deux pôles attractifs ou
bien on les laisse dans une relation naturelle d'attraction. Le
rapprochement forcé expose l'union de deux
éléments dont les "forces" ne se conviennent pas, ou
pas tout à fait, et qui sont mis en rapport malgré
eux. Dans le pot-pourri, on réunit des textes normalement
disjoints. La dépendance, quant à elle,
décrit le rapport entre deux éléments dont les
"forces" se conviennent particulièrement bien. On pourrait
même parler ici d'une relation naturelle ou normale entre les
éléments mis en présence. Avec la
séparation forcée, deux éléments
dont les "forces" se conviennent sont séparés l'un de
l'autre. Au point de vue du matériau de la visée
argumentative, un cas "séparé" de la loi s'appelle
une dérogation.
Au niveau plus complexe des ensembles, nous sommes amenés
à tenir compte soit des parties présentant des
similitudes (ressemblance), soit de celles qui présentent
des différences (dissemblance). De ce point de vue, les cas
limites comme l'inclusion complète d'un ensemble dans
l'autre ou l'intersection vide sont particulièrement
intéressants et, étrangement, assez fréquents
en littérature. La ressemblance entière
correspond au cas où deux ensembles d'un même
paradigme ayant toutes leurs parties communes se ressemblent en
tout point. Bien qu'il s'agisse de deux ensembles distincts,
l'intersection est si parfaite qu'il n'est pas possible de
considérer les différences. On pourrait aller
jusqu'à parler d'identification. Ainsi, le spécimen
sera un objet identique à ce qui sera produit, mais qui est
pourtant distinct. Avec l'opération de ressemblance et
dissemblance, on peut au besoin considérer de deux
ensembles donnés, soit les parties semblables, soit les
parties dissemblables. Dans la dissemblance totale, ou
rupture, deux ensembles d'un même paradigme présentent
des différences notables au point de n'avoir aucune partie
commune ou presque.
Enfin, le jeu complexe des liens entre deux structures donne lieu
à deux opérations: amalgame, si les
matériaux en jeu sont considérés sur un pied
d'égalité et prépondérance, si
l'un a plus d'importance que l'autre ou s'efface. Avec l'amalgame,
deux matériaux pris comme réseaux relationnels sont
donnés simultanément. La prépondérance
constitue une opération à sens unique, puisque un
paradigme "A" prime sur un paradigme "B". Chacun des
matériaux, à son tour, peut devenir
l'élément dominant de l'opération et, à
sont tour, se voir dominé par un autre. On peut ainsi
classifier assez facilement presque tous les
phénomènes de représentation.
1.13. Classer les figures.

Figure 2. On peut distribuer les figures de style (les fleurs de
rhétorique) dans les cases créées par
l'intersection d'une opération et d'un matériau (975
cases au total).
À partir des matériaux et des opérations, il est possible de construire une grille de classification qui ressemble à un tableau périodique et dans lequel peuvent être distribués les procédés connus. C'est en fouillant à l'intersection d'un matériau et d'une opération, endroit que nous désignons par case, que l'utilisateur pourra identifier un phénomène de style observé dans un texte. Hugo écrit dans les Châtiments:
Waterloo! Waterloo! Waterloo! morne plaine!
Comme une onde qui bout dans une urne trop pleine,
Dans ton cirque de bois, de coteaux, de vallons,
La pâle mort mêlait les sombres bataillons.
On trouve Waterloo répété trois fois. Le matériau en jeu ne peut être que la forme lexicale. L'opération, sans doute un nombre précis (l'opération voisine, nombre indécis, sera aussi à considérer au cas où le premier choix ne mènerait pas à des procédés satisfaisants). On risque donc de trouver le nom du procédé en consultant la case forme lexicale/nombre précis. On trouvera là triplication. Dans la citation, cependant, il apparaît difficile d'attribuer une opération à la pâle mort. Les matériaux en jeu, ici, semblent double: la personne (la mort agit comme un personnage puisqu'elle "mêle") et l'idée (ce que la mort représente). Il manquerait donc quelque chose à la grille de classement.

Figure 3. Certains procédés littéraires ne
peuvent être décrits autrement que comme la
présence simultanée de deux matériaux.

Figure 4. On obtient de nouvelles combinaisons en mettant en
relation les matériaux deux à deux.
Il est apparu, au cours du processus de classification, que certains procédés étaient fortement caractérisés par deux matériaux, sans qu'il soit possible d'en dégager nettement une opération. L'"attitude" peut se définir comme la manifestation conjointe du matériau "geste" et du matériau "personne". En mettant en relation deux matériaux présents simultanément dans un procédé, une nouvelle gamme de possibilités de classement peut être élaborée. On peut recréer un tableau combinatoire semblable à celui rapportant les opérations aux matériaux. Les intersections entre les matériaux donnent lieu à deux types de relation: les amalgames (les deux matériaux sont présentés sur un pied d'égalité) et les prépondérances (l'un des matériaux a plus d'importance que l'autre, même si tous deux sont essentiels), ce qui donne, en fin de compte, trois possibilités pour chaque couple.

Figure 5. Chacun des matériaux peut être
combiné avec tous les autres et soit avoir la même
importance, plus d'importance ou moins d'importance que celui
auquel il est associé. Cela représente 900 cases de
plus pour le classement.
En jetant un coup d'oeil à la figure 5, on peut se faire une idée des nouvelles possibilités combinatoires. Les trois premières séries montrent le texte (un livre ouvert) et l'idée (une ampoule) d'abord amalgamés, puis dans un relation où le texte prime, puis dans une relation où l'idée prime. En guise d'illustration, voici ce qu'on obtient en associant le geste et le sentiment. Dans un amalgame, on donnera à ces deux éléments une importance égale et on pourra y classer, par exemple, l'expression faciale ou corporelle. Le geste montre un sentiment, le sentiment transparaît dans le geste. Par contre, si un procédé donne la prépondérance au sentiment sur le geste, le phénomène paraîtra surtout se rapporter aux émotions. Le mouvement d'humeur en est un bon exemple. Enfin, on peut donner la prépondérance au geste sur le sentiment. La grimace attire bien plus d'attention sur le geste lui-même que sur le sentiment qu'il veut provoquer.
Avec environ 1875 cases, la Clé possède un potentiel de classification capable d'accommoder à peu près tout ce qui peut se faire dans le domaine des lettres et des arts. Ont pu être ainsi triés les quelques 3000 termes que l'on trouve dans le Gradus, dictionnaires des procédés littéraires par Bernard Dupriez. Des additions régulières ont permis de remplir toutes les cases. La Clé contient actuellement plus de 8000 définitions.
2. DISSÉQUER LES GENRES
Le classement des procédés littéraires n'est qu'une des deux faces de la Clé. L'autre concerne les genres. On a vu que le parcours analytique des procédés permet d'en mettre à jour la structure. Pourrait-on en faire autant avec les genres?
Cas 2. Des étudiants de lycée ou du secondaire écrivent de plus en plus de courriels aux professeurs universitaires. J'en reçois deux ou trois par mois. Le ton de certains messages laisse deviner que parmi ces jeunes internautes il en est qui tiennent à se débarrasser promptement d'un travail nuisible à leur vie sociale. Ne tenant pas à saboter l'exercice proposé par un lointain collègue, je crois néanmoins juste de proposer à ces étudiants de recourir aux pages des genres. Avec un peu de travail, ces étudiants pourront repérer des procédés dans un texte, reconnaître les caractéristiques d'un genre et, au bout du compte, auront peut-être appris quelques rudiments utiles pour analyser un texte. Bonjour, Bonjour, "L'isolement" de Lamartine: Peut-on savoir quel est le genre
littéraire: complainte, aube...? A-t-il des
particularités au niveau technique? Merci pour votre
réponse. Bonjour, Je fais des recherches pour savoir à quoi sert
l'échange des rôles entre maîtres et valets dans
le jeu de l'amour et du hasard. Merci de m'envoyer une
réponse assez complète le plus tôt
possible. Bonjour, |
2.1 Du procédé au genre.
De quoi a-t-on besoin pour analyser un genre? Il faut
connaître les oeuvres et les auteurs significatifs, il faut
se munir de quelques informations historiques, il faut chercher des
définitions et consulter des bibliographies de travaux.
Bref, il semble nécessaire d'assimiler un grand ensemble de
connaissance avant de pouvoir commencer sérieusement
à analyser le genre d'un texte. Les genres ont fait l'objet
de nombreux regroupements en catégories, dont la
célèbre triade: épique, tragique, lyrique. La
typologie attribue à chaque genre des
caractéristiques propres, qui permettent de le distinguer
des genres voisins (voir Théorie des Genres, 1986).
La compréhension du genre passerait donc par un processus de
mémorisation et d'application de ces
caractéristiques. On trouve ce genre d'informations dans la
clé.
| Un page d'informations sur la comédie |
Et si, pour en apprendre davantage sur le genre sans tout mémoriser, on essayait, comme pour les procédés, de découper le genre en ses éléments intrinsèques? Les figures de style pourraient être ces éléments. Cela signifie qu'il faudrait user de certains procédés littéraires pour écrire dans un certain genre. Bernard Dupriez a cette formule à propos des genres: "Comme pour la mayonnaise, pour que cela "prenne", il faut un dosage exact de chaque type de procédé. C'est une question de mesure." À partir des procédés, il serait possible d'établir des liens directs avec les genres, surtout si on considère ces derniers comme des recettes dont les procédés littéraires seraient les ingrédients.
| La page des ingrédients de la correspondance |
La Clé des procédés littéraires propose, pour chacun des genres, une liste des ingrédients typiques. Ainsi, pour la correspondance, on aura l'abréviation, l'allocutoire, la demande, la fonction émotive, l'intimisme, etc. Mais il existe aussi certains procédés qu'il vaut mieux éviter avec certains genres. Ce sont les absents typiques. Dans la comédie, on ne s'attendra pas à trouver d'abstraction, de densité, de subjectivisme, de pathos ou de thriller.
En survolant les définitions des procédés constituants au moyen des matériaux et des opérations, on peut saisir les grandes lignes de force du genre, et c'est par l'absence ou la présence de certains matériaux et opérations qu'on pourra mieux comprendre les tensions qui définissent les genres les uns par rapport aux autres. Le langage châtié de la tragédie classique suggère une opération de rareté, alors que la comédie classique exploitera les mots qui correspondent à l'usage. C'est ainsi, pour l'internaute, qu'est faite l'acquisition des outils rhétoriques et que progresse l'analyse du genre.
2.2. Les pages choisies.
On reproche à la science de morceler la nature pour
l'analyser en laboratoire. L'étude du comportement du
lièvre est-elle valable si elle est faite dans une cage de
verre si on nourrit l'animal de carottes au lieu de
fougères? On pourrait faire le même reproche à
l'étude du texte lorsqu'il est question des
procédés littéraires. Souvent, dans les
ouvrages qui les regroupent, les procédés ne sont
illustrés qu'au moyen d'un bref exemple. Si nous lisons:
"était pas content", nous pourrons nous figurer ce qu'est
une ellipse, mais nous ne comprendrons pas pourquoi on l'utilise.
À moins qu'il ne soit possible d'observer la figure de style
à l'oeuvre, dans son environnement naturel. C'est une des
idées qui ont inspiré la création des pages
choisies.
| Une page choisie: le Petit Poucet de Perrault |
Au bas de chaque page choisie apparaît une liste de procédés. Ces derniers sont présents dans le texte et ne demandent qu'à jaillir au moindre clic de la souris. Le professeur pourrait demander à ses élèves de tenter de trouver les procédés dans le texte. En cliquant sur le nom de la figure, on accède à sa définition. En cliquant sur la petite main qui précède le nom de la figure, on fait apparaître cette dernière dans le texte, encadré par les deux mains du professeur virtuel.
On juge bien mieux de l'effet global du procédé lorsqu'il est en contexte. On peut aussi comparer l'effet dans un autre extrait, sous un autre genre. À chaque nouvelle illustration, le nouvel environnement littéraire permet de réaliser les riches possibilités de la figure. Les procédés tissent ainsi des liens avec le texte. Quelques mailles de l'écriture apparaissent, laissant voir la facture de l'oeuvre. La compréhension des procédés ainsi illustré s'en trouve grandement améliorée. Tout comme on comprendra mieux le comportement du lièvre en l'observant dans son écosystème.
Par ailleurs, tous les procédés à l'oeuvre, additionnés, se combinent pour donner une somme plus grande que si on les considérait isolément. Ensemble, ils concourent à définir un type de texte, c'est- à-dire un genre.
En observant les choix de procédés faits au cours des siècles, on peut faire apparaître l'évolution historique du genre. Ainsi, on peut se rendre compte, en constatant la rareté des procédés touchant la personne, que le rôle du personnage diminue au 20e siècle, jusqu'à être complètement évacué par le nouveau roman.
Voilà comment il est possible à l'internaute, par l'interaction avec les procédés, d'apprécier le rayonnement du genre dans un texte.
2.3. Du genre au style
Créer est la passion de tout écrivain et l'acte
créateur, selon Arthur Koestler (Le Cri
d'Archimède), consiste à mettre en relation deux
matrices dont la "confrontation" résulte en une
expérience esthétique. Dans cette optique, le travail
de l'artiste consiste à trouver des analogies, à
faire coïncider des matrices nouvelles. Créer à
partir de rien n'est pas possible; il faut un cadre, des
matériaux. Or, les genres sont des matrices prêtes
à être utilisées. Il suffit de leur adjoindre
une autre matrice, soit la touche de l'auteur, pour féconder
l'inspiration et produire l'oeuvre. Notons que le résultat
pourra, le cas échéant, modifier la perception du
genre et en modifier les caractéristiques propres.
Toute oeuvre s'inscrit dans un genre, et chacune redéfinit le genre. Cette dynamique de contraintes et de libertés, une fois comprise, permet de révéler la substance originale de l'auteur.
3. AU TOUR DE L'INTERNAUTE
La Clé des procédés littéraires propose des classements mais aussi des outils d'analyse. Les matériaux et les opérations font apparaître la structure des procédés. Les procédés, à leur tour, mettent à jour la structure des genres. Une bonne connaissance des genres et des figures permet de dégager du texte ses caractéristiques et sa littérarité propre. Savoir que la plupart des figures doivent se rapporter au destinataire aidera le publiciste. Découvrir que l'opération de rapprochement est utilisée d'une certaine façon dans l'oeuvre d'un auteur permettra de mieux apprécier le rayonnement de son style dans chacune de ses productions.
La compréhension des mécanismes de l'écriture peut mener à la création. On apprécie mieux ce que l'on fait lorsqu'on c'est en connaissance de cause. L'écriture plus qu'une esthétique, est aussi une exploration. Les possibilités offertes par les concepts élémentaires peuvent ouvrir des voies nouvelles à la création.
À l'internaute de jouer...