 
Sous les arbres décharnés qui
les protègent à peine
Les tombes soupirent doucement
Languissant dans leur manteau de neige.
Elles tendent vers les cieux gris et bas
Un orgueil par trop humain
Et à présent si dérisoire
Leurs symboles sont insignifiants
Face au souvenir des vies enfouies
Effacées prématurément, toujours,
Brusquement parfois.
Nul pas ami ne foule la neige de cette contrée
Oubliée par le temps lui-même
Havre de paix trop éternel...
Traces d'un bref passage
Les tombes finiront par disparaître
Comme la neige fondra.
Mais dans les yeux de ceux qui savent voir
Jamais ces images ne s'effaceront...
© Février 1997
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