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OÙ EST MA LOGIQUE?
Tenir compte des raisons des autres et réfuter en connaissance de cause.

Les fouilles archéologiques dans les fondations des édifices de la vieille ville de Jérusalem ont mis à jour des vestiges que tentent d’interpréter les historiens des diverses congrégations religieuses qui ont pu s’y établir au fil des siècles.
DÉTAIL Un scorpion gravé dans une dalle est attribué à la centurie de soldats romains en garnison sous le commandement du préfet Ponce Pilate.
RAISONNEMENT Si ce dallage est bien celui de la cour de la forteresse Antonia, une autre inscription à moitié visible encore pourrait bien être une sorte de couronne d’épine, gravée là parce que les soldats n’avaient pas d’autre façon de se divertir que de se moquer des fomentateurs d’insurrection capturés en les couronnant rois mais avec de longues épines qui leur feraient couler du sang sur le visage.
RÉFLEXION Cela fait beaucoup d’hypothèses.
MAIS On tente de multiplier les indices.
EXEMPLE Il n’est pas impossible que les débris de laine tissée conservés comme reliques à Argenteuil, rapportés par Philippe le Bel, de la tunique jouée aux dés au pied de la croix ne soient pas effectivement des vestiges du vêtement, seule possession de Yehoshuah, que mentionnent les évangélistes vers les années soixante, dans la tradition des disciples.
JUGEMENT Tentative de preuve d’un mythe dont la durée et la transmission dépendent non de l’authenticité du passé mais du succès de la signification particulière que peut prendre le drame.
RAISON C’est significatif du fait de sa profération liturgique et de son utilisation collective, mais aussi des innombrables interprétations personnelles, à commencer par celle d’un lien étroit de protection disponible pour toute âme vivante.
THÉÂTRALISATION – «Es-tu le fils de Dieu?» – «Je le suis».
INTERPRÉTATION Les notables déchirent leurs vêtements pour montrer leur indignation devant un tel blasphème.
AVIS Le texte sacré, n’y ont accès que les grands-prêtres et encore une seule fois dans leur vie.
ET Il est déposé dans le saint des saint, au centre du temple qui couronne la cité de David, dont il ne reste que le soubassement, visible d’un côté, et fort bien nommé mur des lamentations.
HISTORIQUE Il est vénéré aujourd’hui par les hassidiques, qui enseignent la crainte de Celui qui peut vous perdre à jamais.
QUESTION Comment le Tout-Puissant peut-il tolérer une familiarité comme celle de Yéhoshuah, qui l’appelle Abba, «Papa»?

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Réflexion d'hier

Dans Le mal radical chez Fichte, Claude Piché s’attache pour sa part à évaluer les conséquences de la découverte fichtéenne de la racine commune des raisons pratique et théorique sur la
compréhension fichtéenne de la notion de mal radical.
RÉFÉRENCE Jean-Christophe Goddard, (coordonnateur), Fichte: le moi et la liberté, Paris, PUF, collection «Débats», 2000, 166 pages.
EXPLICATION Dans le cadre du criticisme de Kant (qui pose que les concepts de nature et de
liberté ne sauraient être déduits d’un principe commun plus élevé), l’homme devait nécessairement participer de deux mondes radicalement contradictoires (monde sensible et monde intelligible), fermés hermétiquement l’un à l’autre.
ANALYSE Toute action posée par l’homme possède alors inévitablement deux principes de détermination agissant simultanément.
DESCRIPTION Selon le contenu, une action est déterminée empiriquement et produit des effets dans le monde sensible.
ET Selon la forme, une action est déterminée librement, et produit des effets dans le monde intelligible, que l’action soit morale ou non.
DÉMONSTRATION En effet, dans le cas de l’action morale, le sujet lui donne librement la forme de la loi universelle du vouloir.
ET Dans le cas de l’action non morale, le sujet lui donne, tout aussi librement, une forme autre que celle de la loi universelle du vouloir (librement, c’est-à-dire en toute connaissance de cause).
RÉSULTAT Il en résulte que la mauvaise maxime, selon Kant, est toujours adoptée librement, et que l’action qui en résulte est, elle aussi, un acte de liberté.
ET Exactement au même titre que l’action morale, comme le relève Schelling dans son traité de 1809 sur Fichte, au contraire, qui sut découvrir dans la liberté pure l’origine commune des concepts de nature et de liberté, l’action n’est déterminée que par un seul principe: aussi bien dans sa forme que dans son contenu, elle est déterminée a priori par la raison.
ALORS L’éthique fichtéenne, contrairement à celle de Kant, échappe à la critique hégélienne du formalisme éthique.

Notre proposition de corrigé.
CONSIDÉRATION Là où la raison ne détermine pas l’action entièrement a priori, il n’y a pas d’action, mais au contraire inaction ou inertie: le monde sensible empêche l’action d’avoir lieu en opposant une résistance.
NOTE Cette valeur intermédiaire ne peut pas dépendre pleinement d’une seule d’entre elles.
CONSÉQUENCE La mauvaise maxime n’est pas adoptée librement, selon Fichte, car seule l’action déterminée entièrement a priori mérite d’être qualifiée de libre.
DONC Là où l’homme agit, il fait nécessairement le bien.
ET Là où il ne fait pas le bien, il n’agit pas, mais, pour ainsi dire, il est agi.
PRÉCISION Dans ce dernier cas, toutefois, il demeure imputable, car il est toujours en son pouvoir de vouloir, voire de vaincre la résistance que lui oppose le sensible.
CONSTATATION La notion de mal radical chez Fichte diffère grandement de cette notion chez Kant.
DÉVELOPPEMENT Alors que Kant comprend le mal radical comme une tendance à choisir librement le mal, Fichte y voit «un état concret de non liberté» (page 110) assimilable à une forme de paresse, c’est-à-dire à une tendance à ne pas exercer sa liberté (page 111).

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