Accord du verbe. 71 interactions. 164 QCM.

Accord et actualisation.

Comment choisir la forme du verbe? Il y a une règle. Est-ce le verbe qui s'accorde ou le reste qui s'accorde avec lui? Ou directement avec le contexte? Il est vrai que toutes les grammaires nous disent :« Le verbe s'accorde avec son...?»
Ils écoutent les remerciements que leur adress_____, du haut de la tribune, le Président réélu. Les acclamations de la foule déferl__...
1 ent, ent
2 e, e
3 ent, e
4 e, ent
Un épervier! Vite, la poule rassemble ses poussins et s'en ____.
1 va
2 vont
3 allèrent
4 (Selon la nuance de sens)
Réaction 1


«Le verbe s'accorde avec son sujet.» Mais le verbe est le noyau de la phrase. Voyons la situation dans son ensemble et de manière «naturelle» (en tenant compte de la dimension pragmatique). Partons de nous savons. On y voit sav-, racine lexicale, avec -ons, le tout précédé de nous, sujet. On trouve aussi en français un mot phonétique très proche : nos savons. Cette fois, la racine lexicale est savon, avec le -s du pluriel, précédé de nos, adjectif, mais très proche du pronom nous dans le contexte réel (une première personne du pluriel).

A-t-on le droit de faire ce rapprochement? Malgré la différence lexicale, y a-t-il une ressemblance syntaxique et une parenté de forme?
Réaction 2


La différence est dans la racine lexicale (connaissance ou objet parfumé pour se laver) mais pas dans l'environnement (il y a plusieurs locuteurs et l'idée les concerne bien eux-mêmes). Savons précédé de nous est un verbe. Précédé de nos, c'est un nom. On a besoin de situer le lexème dans l'environnement des locuteurs, donc d'un pronom ou d'un adjectif.

Il y a une structure identique : un mot lexical qui demande à être situé, actualisé. Le choix de la forme pour le verbe, pour le nom, pour le sujet ou pour l'adjectif possessif se fait de la même manière : en fonction de l'idée (le sens du mot lexical) et de l'environnement (comment se place cette idée par rapport à ceux qui parlent).

C'est la racine qui est choisie d'abord, puis sa forme. Le noyau comme son actualisateur prennent la forme qui permet de placer le lexème dans le contexte. Le choix du lexème précède (et détermine le genre); l'actualisation se fait ensuite, même si les actualisateurs se placent au début du groupe (en français).

Après ma chute, tous les enfants me dévisageai____, sans oser rire.
1 t
2 s
3 nt
4 ent
Dans un pays lointain, là où coul__ le lait et le miel, habitai__ un peuple de gnomes.
1 e, t
2 e, ent
3 ent, t
4 ent, ent
Les deux tiers de la population ___ ___ affol___ par l'incendie.
1 a été, ée
2 ont été, ée
3 ont été, és
4 (1 ou 3, selon la nuance de sens)
À l'arrivée à l'étape, nous étions désolés, dépaysés et cherch____ avant tout un réconfort moral.
1 aient
2 èrent
3 (Selon la nuance de sens)
4 (Autre chose)


Mais a-t-on le droit, en grammaire, de partir de la situation, de l'environnement, plutôt que des mots du texte, uniquement?
Réaction 3


Une grammaire naturelle fait appel au référent et à la situation de communication. C'est là que prend place le sens. Et les formes grammaticales (pluriel ou non, féminin ou non, 1re , 2e ou 3e personne, etc.) indiquent justement un espace, un emplacement, un moment pour les idées, dans l'environnement immédiat des interlocuteurs. Le verbe comme son sujet prennent diverses formes qui permettent de situer l'action. Ils s'accordent tous les deux avec ce qui les situe pragmatiquement, concrètement. Leur accord entre eux est le résultat de leur situation.


Nous sommes ___ clients qui attend___ la livraison de ____ sacs de riz.
1)  les, ent, leurs     2)  des, ons, nos     
3)  (Selon le contexte)     4)  (Autre chose)
Rép. Selon le contexte. Avec les, ils sont connus des préposés et donc vus de
l'extérieur (3e personne). Avec des, ils ne le sont pas encore et donc en train
d'introduire leur réclamation (1re personne).
C'est la relation entre le référent et les interlocuteurs qui est marquée par ce qu'on appelle l'actualisation. L'accord n'intervient qu'ensuite, pour vérifier que la diversité des marques possibles a été réduite de manière harmonieuse, c'est-à-dire la même partout. L'accord, au sens strict du mot, ne concerne pas les marques formelles comme telles mais leur identité quand il y en a plus d'une pour le même référent (Dans nous savons, le -ons marque la même chose que le nous.) Il s'ensuit que, stricto sensu, le verbe ne s'accorde pas avec son sujet ni inversement mais que le verbe, dans sa terminaison, et son sujet, comme pronom ou comme groupe du nom, s'actualisent avec le référent... et comme c'est le même pour les deux, quand ils reçoivent la même forme, cela s'appelle l'accord.

L'accord est donc ici d'emblée clairement défini. Nos comme nous sont des mots grammaticaux qui visent la position du lexème savons dans son environnement et qui l'actualisent selon sa nature (le verbe a besoin d'un pronom, le nom d'un article ou d'un adjectif autre que le qualificatif) et dans l'environnement (par rapport au locuteur). L'accord est la cohérence de l'actualisation. Si le contraire est admis par l'usage, on parle d'accord «selon le sens», de syllepse.

Au sens strict, l'accord est une actualisation cohérente. On appelle syllepse (ou accord sylleptique) les incohérences d'actualisation (Ex. "Le monde... sont drôles"). On ne traite ici que des actualisations cohérentes (les accords). Les incohérentes sont dans le module 10. Par contre, on traite ici de l'actualisation en général, pour le verbe (les modes, les temps, les aspects).

Tous les morphèmes grammaticaux ne sont pas des actualisateurs.

Il y a aussi des liens. On observe que le lien prend toujours place au début du syntagme, avant les actualisateurs, et qu'il peut se détacher assez facilement (ex. : après la pluie, après que tu auras répondu, après que la cliente aura répondu). Tous les autres mots grammaticaux actualisent, soit comme actants (pour le verbe), soit comme déterminants du nom (les adjectifs possessifs, etc.), soit encore comme intensifs, pour les qualifiants (si pâle).

Le syntagme a toujours la même structure : lien, actualisateur, mot lexical. Le noyau est lexical, il est choisi de par son contenu conceptuel mais sa terminaison vise quelque chose dans la réalité (le référent), et son actualisation aussi vient de l'environnement des locuteurs. L'idée et le lien environnemental ayant pris place dans la communication, l'accord consiste à donner à des marques multiples des valeurs qui ne soient pas incohérentes. On évite évidemment notre savons, vos savon, nous sais, etc.


Le principe de l'accord, c'est donc qu'on ne peut actualiser les groupes de façon
incohérente. Le possessif change d'après le nombre de possesseurs (mon / notre). Ex.
Ils connaissent ça comme leur poche. 
(Éviter la locution, pourtant plus courante, comme sa poche.)
Comment remplacer ils en vue de garder telle quelle la locution figurée comme sa poche?
Elle dort du sommeil ___ juste.
1 du
2 de la
3 (Au choix, mais de préférence 1)
4 (Au choix, mais de préférence 2)
Réaction 4


"Chacun de nous connaît ça comme sa poche." La notion d'actualisation permet ainsi de comprendre les rouages de la langue et de les faire jouer.

Application 1. Choisir une phrase écrite, la diviser en groupes (allongement de la finale du mot phonétique), identifier les racines lexicales (les souligner), distinguer alors, parmi les mots qui restent (les mots grammaticaux), ceux qui sont des actualisateurs (les marquer d'un astérisque*) et ceux qui sont des liens syntaxiques (les marquer d'un +).
Réaction 5


Corrigé exemplatif.
Aymé a glissé dans+ ses* romans
des* paysannes au+* teint de+ pêche,
des* enfants rieurs, et+ des* animauxqui+* ont
par+ amitié pour+ les* hommes adopté notre* langage.


Variante.
Les* contesde+ Marcel Aymé
peignent des* villages où+* éclate la* joie de+ vivre,
où+* même les* animaux parlent.


Sujet et actant.

Si les terminaisons verbales ne véhiculaient pas une actualisation latine archaïque, remplacée pourtant par les pronoms dès le haut Moyen Âge, le verbe n'aurait pas besoin d'être "accordé" avec son sujet (groupe nominal). Ce dont tout verbe a besoin est que soit signalé qui fait l'action et c'est donc du verbe que dépend le sujet. C'est d'ailleurs le sens du mot sujet, puisque ce mot suppose une soumission : celle de l'actant à l'action. Approfondissons ce point de syntaxe, qui se révélera d'un emploi constant. Mais aviez-vous entendu parler, non seulement d'acteur et de rôle, mais en grammaire d'actant?
«Vous répondez que les conditions de travail vous satisfont.» Le verbe est environné d'actants. Les actants sont ____.
1 des mots grammaticaux
2 des mots lexicaux
3 des groupes syntaxiques
4 (N'importe)
Réaction 6


L'acteur agit devant les spectateurs. Il s'agit d'une personne qui agit, ou qui subit l'action. L'actant joue aussi un rôle mais en grammaire, par rapport au noyau verbal. Il est sujet ou objet. Il peut aussi être object indirect, complément. Il permet à l'action du verbe de trouver dans l'environnement non seulement ses points d'attache mais son opération même, son effectuation. Dans nos savons, nos indique à qui sont les savons mais dans nous savons, nous indique qui sait, et l'action de savoir ne serait pas effectuée sans quelqu'un qui l'effectue. L'actant est donc un actualisateur de verbe et pas de verbe sans sujet.

Le sujet est le premier actant, le plus important. Mieux vaut le prendre dans le contexte que dans le texte, pour ne pas s'y tromper. Il importe donc de bien l'identifier.
Nous les Français, _____ tous fiers de leur langue.
1 nous sommes
2 ils sont
3 (N'importe)
4 (Autre chose)
Votre rapport est bien fait mais le jury s'attend que l'importance des enjeux soit mise en évidence. Si vous voulez m'envoyer une nouvelle mouture, je la relirai et vous fer__ d'autres suggestions.
1 ai
2 ez
3 (Au choix mais de préférence 1)
4 (Au choix mais de préférence 2)
Réaction 7


Pour accorder un verbe, il faut donc (entre autres) identifier dans la nature son premier actant? Ou bien suffit-il de considérer le pronom ou le substantif qui précède le verbe dans la phrase?
Je vous inviter___ à mon anniversaire.
1 ai
2 ez
3 (N'importe)
4 (Autre chose)
Réaction 8




Il faut chercher le premier actant. Il y a même une faute assez répandue qui a reçu le nom de lamartinisme (Alphonse de Lamartine y était enclin), et qui consiste justement à se laisser influencer par le pronom qui précède plutôt que de découvrir dans l'action du verbe son premier actant.

La place normale du sujet, qui est de précéder le verbe, ne suffit donc pas toujours à l'identifier (inversion, impératif, phrases suspendues). Mieux vaut partir des actants, de ce qu'on veut dire (si l'auteur de la phrase, c'est vous) ou de ce que la phrase veut dire (si vous en êtes le lecteur, auquel cas votre interprétation est essentielle, d'où l'intérêt de fabriquer votre propre version de la même phrase et de pouvoir comparer les deux textes). En partant des actants, on relie la grammaire à la nature... Il y a du reste un exemple aussi curieux que frappant du lien de la grammaire avec la nature : l'impératif, qui est sans pronom sujet.

À la 2e personne du singulier, l'impératif (pour les verbes de la première conjugaison) n'a plus aucune marque : le s disparaît. On observe par ailleurs que les troisièmes personnes (singulier et pluriel) sont en réalité des subjonctifs. Quant aux 1re et 2e du pluriel, elles sont faites sur le modèle de l'indicatif. La seul forme impérative autonome et représentative de son mode est donc celle de la 2e personne du singulier. Mais comment l'identifier si sa marque est seulement l'absence de toute marque? C'est une forme vraiment minimale. Le radical sans plus. L'absence de sujet exprimé. Ex.: Raconte!
Que je cèd__, moi? Avou__ que tu rêves!
1 es, es
2 e, e
3 e, es
4 (Autre chose)
Réaction 9


On pourrait croire qu'il n'y a pas de sujet mais ce qui n'est pas exprimé est souvent dans l'environnement. L'actualisation de l'impératif est celle-là même du contexte énonciatif. Le destinataire est la substance la plus proche de l'acte de communication, vu que le ton est celui d'un ordre. Alors, l'absence de pronom sujet incite à chercher un sujet dans le contexte énonciatif, dans l'environnement. On en trouve un dans la personne à qui l'acte de parole s'adresse. Autrement dit, l'interlocuteur entendant un lexème verbal sans aucune marque doit lui chercher un sujet et n'en trouve d'autre que lui-même. Aucune redondance textuelle. Une application énonciative immédiate de la règle générale du syntagme verbal et de son actanciation. Ceci n'est possible que dans une grammaire pragmatique, à condition de mettre le système des formes en relation avec la nature.

Le problème de l'accord au sens large (celui de la forme à donner au verbe) consiste sans doute à bien identifier celui qui fait l'action (le sujet). C'est nécessaire pour l'indication de la personne, du nombre et parfois du genre. C'est insuffisant. Le verbe varie en outre selon le mode, le temps, l'aspect et la voix. Il s'accorde avec tout ce qui l'environne, selon la situation des interlocuteurs. Il n'y a pas que le sujet et les compléments.

Dans ce chapitre, nous allons revenir sur les modes et les temps, non pour leurs formes mais du point de vue de leur emploi, donc de leur rapport avec l'environnement et la nature. Ce ne sont pas les pronoms mais des morphèmes de terminaison, comme en latin. C'est ce qu'on appelle plus précisément la désinence.

Comment sait-on qu'un verbe est au présent ou au passé? Où se trouvent les marques du temps et du mode?
Au début des années quarante, l'influence du blues se fit sentir sur toute la musique qui _____.
1 suit
2 suivra
3 suivrait
4 allait suivre
Réaction 10


Le temps et le mode sont marqués dans la désinence. C'est celle du lexème du verbe pour les temps simples et celle de l'auxiliaire pour les temps composés.

Choix du temps : imparfait, passé simple, passé composé, etc.

On croit que les temps suivent le cadran de l'horloge: passé, présent, futur. C'est oublier que la nature situe la durée dans le sujet (qui dit je). Comme sa durée est en lui et non lui dans une durée unique pour tous, objective, il est au centre de la fourche à trois dents de la temporalité. Le passé est passé par rapport à son présent. Le futur est relativement simple car peu connu, indéterminé (on avisera), mais le passé s'étend jusqu'aux origines les plus lointaines qui se puissent imaginer et se restructure d'ailleurs sans cesse, plus ou moins rationnellement. C'est donc le passé qui a le plus de formes. Le présent va de soi, il est non marqué, il sert d'ancrage; toutefois, d'autres moments que le présent peuvent servir de centre (ancrage allocentrique ou de récit). Et puis l'action se présente sous divers aspects (accompli, inchoatif...) La diversité (et la dissymétrie) des «tiroirs» (formes temporelles) se comprend : elle est naturelle. Êtes-vous de ceux qui ne savent jamais trop comment choisir entre les formes du passé?
Ce départ, les parents de Paul le ________ chacun à sa façon, selon leurs préjugés respectifs.
1 voyaient
2 virent
3 (N'importe)
4 (Selon la nuance de sens)
Hier soir, _______ que notre projet _____ pour la semi-finale.
1 j'apprenais, est classé
2 j'ai appris, était classé
3 j'appris, fut classé
4 j'apprends, avait été classé
L'amoureux qui embrassait sa fiancée n'eut que le temps de sauter dans la voiture: le train s'______.
1 ébranla
2 ébranlait
3 est ébranlé
4 (Selon la nuance de sens)
J'ai vu dans votre dossier que vous ______ communiste dissident.
1 étiez
2 aviez été
3 (N'importe)
4 (Selon le sens)
Réaction 11


Il y a deux ancrages possibles, l'un non marqué, naturel; l'autre typique du récit fictif. La temporalité naturelle est celle des interlocuteurs en communication courante. Elle est l'énonciation d'un acte de parole effectif. On la définit comme ancrage "nunégocentrique" (ou orcentrique : centrée sur le je qui est en train de parler).

Il existe par contre en français soigné une temporalité autre, «allocentrique», coupée de l'ancrage naturel et centrée sur le seul énoncé. Ex. :"Tous se turent". On emploie le passé simple pour y accéder et en indiquer le centre, qui est fictif, "autre" que le "nunégocentrique" (moi-ici-maintenant = non marqué). L'ancrage allocentrique est celui de la fiction écrite. Il fait littéraire.

Sur ces deux systèmes peut alors venir se greffer une temporalité relative, qui concerne les subordonnées. C'est là que se retrouve le traditionnel trident "passé-présent-futur" mais, comme c'est un temps relatif à l'ancrage, ces trois temps vont devenir antériorité / simultanéité / postériorité. Ces dénominations montrent mieux leur position par rapport au moment qui sert d'ancrage, et la relativité de la temporalité par rapport à l'ancrage, qui est fixe.

Mentionnons en outre l'absence de temporalité (le présent "intemporel" : La Terre tourne).

Et puis, il y a encore les aspects (comment l'action se présente), qui sont très développés dans les langues slaves. En français, il faut recourir à des périphrases, comme on le verra, et il n'y a que l'aspect accompli qui fasse partie de la conjugaison. Mais alors, cet aspect accompli, en français, il occupe autant de place que tout le reste : il redouble tous les ancrages et tous les temps relatifs. On l'obtient partout de la même façon : en faisant suivre le participe passé d'un auxiliaire, qui lui reçoit les marques de la conjugaison. Je trouve / J'ai trouvé. Je trouvais / J'avais trouvé. Etc.

Ce triple système, ancrage, temps relatif, aspect, rend-il compte de toutes les formes conjuguées du point de vue de la temporalité?
Réaction 12


Oui. Tous les temps y ont une place, à tous les modes et à toutes les voix. Vérifions...

Quel est l'accompli de tourner dans Je vois qu'on tourne? (Formez le temps et donnez-en le nom).
Réaction 13


Je vois qu'on a tourné (passé composé). Le passé composé est l'accompli du présent.

Le présent du subjonctif est-il formé identiquement? Quel est l'accompli de tourner dans Je veux qu'on tourne avant midi? (Formez le temps et donnez-en le nom).
Réaction 14


Je veux qu'on ait tourné avant midi (subjonctif passé). Il s'agit aussi d'un passé «composé», puisque les formes simples sont en un seul mot, comme on l'a vu au module 3, et que les composées sont en deux mots (graphiques). Le participe passé comme tel est une forme simple mais dans toute la conjugaison de l'accompli elle entre en composition. L'auxiliaire conjugué est aussi une forme simple, celle des verbes avoir ou être. Ces verbes se grammaticalisent pour devenir simples auxiliaires de l'accompli.

La liste des formes simples est en somme assez courte : présent, imparfait, passé simple, futur simple, et futur du passé. Au subjonctif, la liste est réduite au deux premiers éléments car les futurs sont réduits au présent (non marqué) et les passés à l'imparfait. Au conditionnel, la liste des temps simples est encore plus réduite : il n'y a que le présent, qui englobe les futurs, tandis que les passés sont ramenés aux formes composées, même s'il n'y a pas d'accomplissement.

Quel est l'accompli de On jouait sur la plage? (Formez le temps et donnez-en le nom).
Il rencontra plus d'obstacle qu'il n'_____ supposé.
1 avait
2 eut
3 aurait
4 (Selon le sens)
Réaction 15


On avait joué sur la plage (plus-que-parfait). Le plus-que-parfait est l'accompli de l'imparfait. Son nom s'explique encore assez bien. Parfait veut dire "achevé". L'imparfait était en train de s'accomplir. Le plus-que-parfait a accompli ce qui était en train.

Et quel est l'accompli de Quand ils applaudirent... (Formez le temps et donnez-en le nom).
L'assemblée aurait voulu que je ______ un discours.
1 fasse
2 fisse
3 (Selon le sens)
4 (Selon le niveau de langue)
Mais si Dieu le voulait et qu'il m'arrivât d'épouser quelque femme de bien, poursuivit Panurge, et qu'elle me battît, j'enragerais tout vif. Arrivât et battît sont ______.
1 au passé simple
2 au subjonctif imparfait
3 au conditionnel passé
4 (Ces formes ne sont plus usitées.)
Réaction 16


Quand ils eurent applaudi... (passé antérieur). Le passé antérieur est l'accompli du passé simple. C'est un temps relatif à un passé de récit, ce qui fait qu'il se trouve souvent en subordonnée.

Il se laisse confondre avec le subjonctif plus-que-parfait : ils eussent applaudi (irréel). La confusion est d'autant plus facile que le conditionnel passé, ils auraient applaudi (potentiel) a une forme qui ressemble aussi, par le r, à celle du passé antérieur. On exprimera donc l'hypothèse passée (irréelle) par le conditionnel passé ou le subjonctif plus-que-parfait, non par le passé antérieur.

Notion d'ancrage.

Cela va de soi mais il est important de s'en apercevoir : ceux qui parlent envisagent le temps relativement au moment où ils parlent. Ex. On frappe (Entends-tu qu'... / Je crois qu'... / Je te dis qu'...) Bien qu'elle soit si générale, cette observation a reçu un nom biscornu : l'ancrage nunégocentrique (= «dont le centre est moi, maintenant»). Pour faire court, on dit aussi orcentrique. L'ancrage nunégocentrique est la temporalité de l'énonciation la plus courante, notamment celle de la conversation. Si cela va de soi, ce point énonciatif, pourquoi le mentionner? Y a-t-il une autre possibilité d'ancrage temporel que celle-là?
Après cette longue période de sécheresse, il est évident que les agriculteurs atten__aient les premières pluies avec impatience.
1 d
2 dr
3 (Au choix)
4 (Selon la nuance de sens)
Le vénérable fut averti par un espion appartenant au doge de Venise.
1 Accompli du passé.
2 Ancrage allocentrique.
3 Accompli de l'ancrage allocentrique.
4 Antériorité.
Galilée, dès le début du XVIIe siècle, affirmait que la terre ______ sur elle-même.
1 tourne
2 tournait
3 (Au choix, mais de préférence 2)
4 (Autre chose)
Réaction 17


L'ancrage marqué le plus typique (à partir duquel Benvéniste découvrit la notion), est au contraire allocentrique. Ex. On frappa. C'est le «récit». Le lien avec les locuteurs a été effacé. L'histoire va se dérouler par rapport à un point éloigné (passé, ou futur en science-fiction), indiqué par le passé simple. Ce temps opère un déplacement dans le temps et permet de passer dans son déroulement imaginaire. De là découle son caractère littéraire.

Les ancrages nunégocentrique et allocentrique sont opposés l'un à l'autre mais ils s'opposent tous deux à l'absence d'ancrage et de temporalité, au présent éternel des textes scientifiques (e=mc2; la Terre tourne; l'hypocrisie est un hommage que le vice rend à la vertu, l'objet direct devient sujet à la voix passive).

L'ancrage recèle-t-il des pièges pour les anglophones?
Il _____ un temps où certains étudiants ______ payer leurs études en travaillant à l'université.
1 était, pouvaient
2 fut, purent
3 fut, pouvaient
4 était, purent
Cette idée vint à se concrétiser. Elle ______ sa forme finale dans un poème que j'ai composé.
1 a atteint
2 atteignit
3 atteint
4 (Selon le sens)
Récit d'un impressionniste. Nous avons peint des paysages de manière à approfondir nos connaissances du jeu des ombres et de la lumière. Assez satisfaits de nos toiles en plein air, nous les avons présentées à l'Exposition universelle de 1863. Toutes ______ refusées.
1 ont été
2 furent
3 avaient été
4 seront
Réaction 18


L'intemporel existe en anglais (et même, l'actuel est marqué par is + -ing). L'allocentrique, en revanche, n'a pas d'ancrage marqué (passé simple et passé antérieur). Il faut dire que tous les francophones ne se prévalent pas des subtilités du «récit». «Littérariser» reste une subtilité, sinon une sorte de privilège romantique.

Notion de moment relatif. Antériorité, simultanéité, postériorité.

En dépendance d'une proposition principale, parfois implicite, dont le temps indique l'ancrage, les complétives ont des temps qu'il vaut mieux appeler relatifs car ils s'établissent en fonction les uns des autres. Conséquemment, au lieu de parler de passé, présent, futur, mieux vaudra dire : antériorité, simultanéité, postériorité. On distinguera ainsi nettement, dans les temps, ce qui est ancrage et ce qui est subordination.

Sans doute avez-vous entendu parler de la concordance des temps? À votre avis, cette concordance concerne-t-elle tous les tiroirs? Ou bien seulement les temps relatifs?
Le voyageur fixa les yeux sur la partie septentrionale du lac. On ________ qu'il observait quelque chose qui l'intri___.
1 aurait dit ..... guait
2 dirait ..... gue
3 aurait dit ..... guerait
4 (Selon le sens)
--- Ah! C'est comme ça que ça se passe... Je ne le savais pas. --- Tu ne savais pas que ______ comme ça que ça se _____?
1 c'est, passe
2 c'est, passait
3 c'était, passe
4 c'était, passait
Elle anima l'émission Marguerite et Cie, qui ______ 150 000 personnes.
1 atteignait
2 a atteint
3 avait atteint
4 (Selon la nuance de sens)
La municipalité a prouvé qu'elle ______ capable d'affronter les difficultés.
1 est
2 était
3 (N'importe)
4 (Selon le sens)
Je ne savais pas qu'il ________ musicien.
1 était
2 avait été
3 (N'importe)
4 (Selon le sens)
Il commençait enfin à se rendre compte que ce qu'il _____ fait n'est pas bien.
1 a
2 avait
3 eut
4 (Autre chose)
Réaction 19


La concordance des temps met le verbe de la subordonnée à un temps déterminé par sa relation avec celui de la principale. Il faut donc tenir compte de la dépendance des groupes syntaxiques et de la séquence des actions. Ne pas partir d'évidences trompeuses. L'ancrage est primordial. Il faut aller le chercher dans sa relation avec les subordonnées et dans sa vraisemblance environnementale, dans la nature...

La valeur du passé composé n'a-t-elle pas quelque chose d'ambigu, dans certains contextes? L'aspect accompli est un temps présent (J'ai compris, c'est maintenant et pas hier). Pouvez-vous mettre J'ai compris dans un contexte qui serait celui de hier?
Excuse-moi pour ne pas ______ que je n'ai qu'un gros billet pour payer. Auras-tu la monnaie?
1 te prévenir
2 te prévenir d'avance
3 (Au choix)
4 (Autre tour)
L'héroïne n'a pas voulu cette présence. Elle ________.
1 la subit
2 l'a subie
3 (N'importe)
4 (Selon le sens)
Je penserai peut-être un jour qu'il a eu raison. Il a eu indique ______.
1 un accompli
2 une antériorité
3 (N'importe)
4 (Selon la nuance de sens)
Il a décidé que cette solution s'impos__.
1 e
2 ait
3 (N'importe)
4 (Selon le contexte)
Réaction 20


C'est seulement hier que j'ai compris la réaction de Marjolaine.

Une des difficultés constamment rencontrées est la présence de formes composées dans les passés, alors qu'elles ne devraient servir que pour des aspects accomplis. Le passé composé sert de substitut familier au passé simple, surtout chez ceux qui n'utilisent pas le passé simple. D'autres formes composées glissent, plus rarement, de l'accompli à l'antérieur. Comme toutes les simplifications populaires, cela vient brouiller les cartes. Sans parler du mode subjonctif, mode de la subordination, où la correspondance des temps devrait s'applique continuellement et sans faille, et où l'accompli des formes composées peut aussi servir à marquer des antériorités et pas seulement des accomplissements actuels. Chaque cas rencontré ne demande-t-il pas une analyse particulière?
Lorsque j'eus traversé le pont, je ______ de la rivière.
1 m'approchai
2 m'approchais
3 me suis approchée
4 me fus approchée
Certains artistes avaient débuté avec fracas et ______ à se faire connaître.
1 n'arrivent pas
2 ne sont pas arrivés
3 (N'importe)
4 (Selon le sens)
Je pensais que le match serait plus enlevé, car les joueurs ________ bien meilleurs pendant l'entraînement.
1 ont été
2 avaient été
3 auraient été
4 (N'importe)
Bien que les petits commerces ________ un permis, ils seront fermés ce jour-là.
1 payèrent
2 ont payé
3 payassent
4 aient payé
Réaction 21


Il faut identifier les formes temporelles dans leur ancrage. Le subjonctif accentue la nécessité de la concordance. Quant au conditionnel, on a vu au module précédent sa double nature : temps à l'origine, dans l'ancrage allocentrique, mais détaché de cet ancrage au passé, installé dans le nunégocentrique, il devient un mode. Comme temps relatif, il a quelle valeur?
Si je vous ai averti , c'est que j'ai pensé que vous ______.
1 viendrez
2 viendriez
3 (1 ou 2, au choix)
4 seriez venu
Si vous étiez un abonné le 1er mai, vous bénéficier____ d'un crédit. En mettant la principale au futur (ez), que marque l'imparfait de étiez?
1 Le potentiel.
2 L'irréel.
3 Le présent du passé.
4 (Autre chose)
Jeanne d'Arc quittait son village, bientôt elle reconnaîtrait le dauphin à Chinon et Charles VII serait couronné à Reims. Reconnaîtrait et serait couronné sont au ________.
1 conditionnel présent
2 conditionnel présent et conditionnel passé
3 futur et futur antérieur
4 futur du passé
Réaction 22


La postériorité. C'est une forme qui est bien celle de son sens, avec sa terminaison en -ais, caractéristique de l'imparfait, mais qui a aussi une marque de futur, le -r-. Elle désigne donc un futur dans le passé (Il pensa qu'elle reviendrait). Forme et sens coïncident parfaitement! Traitée sans son noyau, mise dans l'ancrage nunégocentrique, la forme en -rais, ne peut plus être cohérente, elle se contredit (-ais contre -r-) et cesse de désigner du réel : elle devient un mode de la pure hypothèse, inspirée du passé, adéquate au futur, simplement possible. Dans cet ancrage, nunégocentrique, le futur reste un futur mais la terminaison de l'imparfait (-ais) le contredit, ce qui a pour effet de le rendre moins réel, hypothétique...

Cette forme convient donc pour indiquer l'hypothèse, la condition étant exprimée dans une subordonnée avec si (il viendrait s'il avait le temps) - condition qui peut rester implicite (il viendrait...), mais qui n'en donne pas moins son nom au mode ainsi créé. C'est ce que le latin appelle un "potentiel".

En est-il de même pour "le conditionnel passé"? Ex. : Il pensa qu'elle serait revenue avant la nuit?
Quand elle l'aurait reconnu, pensa-t-il, tout changerait. La temporelle est ici ______.
1 à l'irréel
2 au futur du passé
3 au futur antérieur du passé
4 (Autre chose)
Il serait exempt de dettes quand il aurait payé sa maison. Quand il aurait payé est un ______.
1 potentiel (accompli du présent fictif)
2 irréel (accompli du passé fictif)
3 futur antérieur du passé
4 accompli de discours indirect libre
Le médecin de l'entreprise a perdu son briquet. Il prie toute personne qui l'_____ trouvé de le lui rapporter, promettant une forte récompense.
1 aurait
2 aura
3 (N'importe)
4 (Selon la nuance de sens)
Elle aurait pu améliorer l'état des choses. Le futur antérieur du passé indique ______.
1 une postériorité accomplie par rapport à un passé
2 un irréel
3 (N'importe)
4 (Selon le contexte)
Réaction 23


Verbe revenir, intransitif. L'auxiliaire avoir est remplacé par être, qui n'indique donc pas ici une voix passive. L'auxiliaire est au futur du passé et la forme composée est donc un accompli du futur du passé. On fera bien de l'appeler "futur antérieur du passé" pour la cohérence terminologique, mais sans oublier qu'il sert aussi de conditionnel passé.

Lui aussi n'est pas toujours subordonné à un verbe au passé. Il peut s'employer dans une indépendante, sans ancrage allocentrique. Son sens est le même que celui de la forme simple, avec la composition en plus. Or, quand on sait que la condition n'est pas réalisée, ce potentiel devient même un irréel (Il se laisserait mourir si elle partait). Mettre le tout à l'accompli, c'est tout simplement forcer la nuance d'irréel (plus d'avenir pour cette hypothèse, dont les conditions ne seront jamais réalisées). (Il se serait laissé mourir si elle était partie.)

Conclusion : conditionnel passé = irréel (ou, en subordonnée, futur antérieur du passé).

Finalement, y a-t-il un moyen de bien reconnaître un véritable mode conditionnel?
Si j'avais été au volant, ______ à 160km à l'heure.
1 j'aurais roulé
2 je roulerais
3 je roulais
4 (Selon la nuance de sens)
S'il faisait beau, j'irais à la campagne. Irais marque ________.
1 un potentiel
2 un irréel du présent
3 (Selon le contexte)
4 (Autre chose)
S'il avait fait beau, ________ à la plage.
1 j'allais partir
2 je serais partie
3 je partirais
4 (Selon la nuance de sens)
Tu m'aurais rendue si heureuse! Aurais rendue est composé d'un auxiliaire au conditionnel présent et d'un participe passé. Il est donc ________.
1 au conditionnel présent
2 au subjonctif plus-que-parfait
3 au conditionnel passé 1re forme
4 à l'indicatif futur antérieur
"Eh bien, s'il avait plu, nous eussions été douchés." Nous eussions été douchés est composé d'un auxiliaire au subjonctif imparfait (voix passive) et d'un participe passé. Il est donc ______.
1 à l'indicatif plus-que-parfait
2 au conditionnel passé
3 à l'indicatif passé antérieur
4 au subjonctif plus-que-parfait
Sans la petite Antigone, vous auriez tous été bien tranquilles. Auriez été est ________.
1 un potentiel
2 un irréel du présent
3 un futur antérieur du passé
4 un irréel du passé
Si ________ que tu étais malade, je serais venu aussitôt.
1 j'allais savoir
2 j'avais su
3 j'aurais su
4 je saurai
Si je ne vous savais pas surchargé, je vous confierais une affaire très délicate. Confierais marque ________.
1 un potentiel
2 un irréel du présent
3 un irréel du passé
4 (Autre chose)
Réaction 24


Oui. Pour que le futur du passé devienne pure hypothèse, il suffit que l'ancrage passe au présent, ce qui arrive dans toute proposition indépendante mais aussi, parfois, dans une subordonnée, pour peu que la principale ne soit pas au passé.

On voit que le mode conditionnel convient pour exprimer une hypothèse sans ancrage. Ne devrait-il pas recevoir le nom de mode hypothétique (potentiel ou irréel suivant le cas)?
Réaction 25


Oui, il le devrait (c'est le cas de le dire). D'autant plus que la condition, elle, se moque bien du mode "conditionnel".


J'irai à l'hôpital à condition que vous ______ avec moi.
1)  viendrez     2)  veniez     3)  venez     4)  viendriez
Rép. veniez
Mais J'irai à l'hôpital quand vous viendrez avec moi.
Ou J'irai à l'hôpital si vous venez avec moi.
Et J'irais à l'hôpital si vous veniez avec moi.
Ou Vous viendriez avec moi: j'irais volontiers à l'hôpital.
Règle Avec à condition que, l'aspect conditionnel est plus marqué qu'avec si. Dès
lors, les deux propositions ne forment qu'une assertion, d'où le subjonctif.
Il ne faut pas confondre condition et hypothèse. La condition réalise l'hypothèse. La réalisation de l'une entraîne celle de l'autre. À l'état pur, aucune des deux n'est réalisée. Ce ne sont que des idées. L'accompli, lui, qui est un aspect, ne considère que le résultat du passé, ce qui est irréel si c'est seulement hypothétique.

Notion d'aspect.

L'aspect accompli est marqué par la forme composée (passé composé pour l'accompli du présent; plus-que-parfait pour l'accompli du passé; futur antérieur pour l'accompli du futur). Plusieurs exemples en ont été donnés ci-dessus.

Le passé composé a son auxiliaire au présent. Prenez un verbe au présent et fabriquez-en la forme composée.
Celle qui s'était tendrement occupée de la princesse s'avéra ____ au service d'un royaume voisin, où elle envoyait des rapports secrets.
1 être
2 avoir été
3 (N'importe)
4 (Selon le sens)
J'agis donc selon l'ordre que j'avais reçu.
1 J'agis est ici au présent.
2 J'agis est au passé simple.
3 (N'importe)
4 (Selon le contexte)
Ils ont dit que leurs invités ________ tôt.
1 arriveraient
2 seraient arrivés
3 étaient arrivés
4 (Selon le sens)
Réaction 26


C'est l'accompli du présent dans l'ancrage non marqué. J'ai trouvé un nid! c'est maintenant, et achevé. On montre le nid trouvé. Toutefois, le même passé composé peut, en contexte familier, indiquer une antériorité par rapport au présent (Hier, j'ai trouvé etc.) Le passé composé assume cette valeur de récit qui est celle du passé simple parce que le passé simple est devenu littéraire ou relève d'un niveau de langue châtié. On simplifie la langue pour se montrer agréable et facile (niveau familier). Ainsi disparaît le passé simple... Mais ne trouvez-vous pas que cela peut créer des confusions?
Dans Pourquoi vous êtes-vous mariés? deux tons très différents sont possibles. Le verbe est au passé composé. Ce temps marque ici ______.
1 l'aspect accompli
2 l'antériorité par rapport au présent de l'acte de parole
3 (N'importe)
4 (Selon le sens)
Réaction 27




Cela oblige à se poser la question de l'ancrage. Mais il y a pl;us curieux. Dans cette acception, qui fait du passé composé un ancrage (la fiction) et non plus un aspect (l'accompli), il y a place, dès lors, pour un aspect accompli! On réapplique la transformation, cette fois sur l'auxiliaire. Cela donne un temps "surcomposé" (quand nous avons eu vidé le camion, nous avons vidé la camionnette). Ce n'est pas un sur-accompli mais un accompli de récit puisque dans la langue courante, nous avons vidé tient lieu de nous vidâmes.

Pourquoi l'aspect accompli prend-il tant de place dans la conjugaison française alors qu'en anglais, par exemple, c'est la forme composée is --ing, l'aspect progressif, l'action en train de se faire, qui est constamment sollicitée par l'usage? Cette différence ne mérite-t-elle pas quelque attention?
Réaction 28


On peut avancer des hypothèses comme celle de la clarté française, qui réduit l'action à une idée,

ce qui se réalise mieux si cette action est achevée. Il y a un lien entre une langue et la façon collective de voir, et surtout d'agir, de ceux qui la parlent. Il y a une continuité entre Port-Royal (la logique), Fénelon, Voltaire, Montesquieu, Victor Cousin, Maine de Biran, Lavelle, Sartre, Derrida, Deleuze. Déjà la dialectique d'Abélard... et la pensée aristotélicienne. Les Anglais seraient plus enclins à voir ce qui est en train de se faire, un peu à la Bergson, si l'on veut. Le mouvement. Voilà pourquoi ils aiment tant l'adverbe now, (sa fréquence est cinq fois plus élevée que celle de maintenant) alors que le français accorde une si large place à l'accompli, par le biais des formes composées du verbe.

L'angle du moment précis de l'action en train de se faire, voilà ce qu'indiquent les aspects. D'autres langues ont des formes verbales spécifiques non seulement pour l'accompli mais pour une dizaine d'aspects différents (le russe, notamment). Avez-vous une idée de ce que pourraient être tous ces aspects?
Quand les classes ________, il est toujours de mauvaise humeur.
1 rentreront
2 vont rentrer
3 (N'importe)
4 (Selon le sens)
Tu verras qu'elle est toujours joyeuse au moment où on ________ à table.
1 se mettra
2 va se mettre
3 se met
4 (2 ou 3 selon le sens)
Réaction 29


Les principales façons d'envisager le déroulement de l'action sont : juste avant son début, à son début, en son milieu, vers sa fin, à la toute fin, juste après sa fin. En français, l'aspect se marque par un semi-auxiliaire (qui sera suivi de l'infinitif) : aller, se mettre à, être en train de, ne pas en finir de, cesser de, venir de. Les aspects ont reçu des noms : immédiat, inchoatif, progressif, duratif, terminatif, etc.

Il se mit à rire. Se mit est ________.
1 verbe principal
2 auxiliaire
3 semi-auxiliaire de mode
4 semi-auxiliaire de temps
Il était sur le point d'avouer des choses plutôt intimes. Était sur le point d'avouer est à l'aspect ______.
1 progressif
2 inchoatif
3 futur immédiat
4 passif
"Les infirmières étaient en train de parler à la porte de leur chambre; Irène avait pensé les appeler et elle allait le faire lorsque sa voisine s'est mise à tousser." Dans cette phrase, les verbes sont respectivement à l'aspect ________.
1 inchoatif, terminatif, progressif, immédiat
2 progressif, accompli, inchoatif, immédiat
3 progressif, accompli, immédiat, inchoatif
4 (Autre chose)
Quand j'aurai beaucoup cherché et que je serai peut-être sur le point de trouver, tu seras sûrement de nouveau en train de te dire: "Va-t-il bientôt se mettre à faire son travail?" Dans cette phrase, les verbes sont respectivement à l'aspect ________.
1 futur, immédiat, inchoatif, progressif
2 inchoatif, progressif, immédiat, accompli
3 accompli, immédiat, progressif, inchoatif
4 (Autre chose)


Trouvez-vous que les francophones feraient bien d'utiliser plus largement qu'ils ne le font les ressources de leur langue pour ce qui concerne les aspects?
Réaction 30


Y a-t-il un aspect duratif, un aspect itératif et un aspect semelfactif en français? Ce n'est pas seulement une question de sens : il faut aussi un semi-auxiliaire qui serve à indiquer l'aspect de façon formelle.
"A chaque instant des retardataires arrivaient en hâte; ils étaient accueillis par les cris impatients du gros de la bande" (Theuriet). Les verbes sont à l'aspect ________.
1 duratif
2 itératif
3 accompli
4 (2 et 3)
"Comme un fruit énorme lancé dans l'espace, la terre roule, et le feu qui l'emplit ne cesse de brûler ses entrailles. Le feu s'échappe par les volcans et fume sans cesse." (Vigny) Ne cesse de exprime l'aspect ________.
1 imperfectif
2 itératif
3 progressif
4 duratif
Installé en face d'un inconnu qui lui tient des propos déroutants, Lafcadio se rend compte qu'il a affaire à un de ses amis, déguisé. --- Ah! C'est vous, Protos, dit-il simplement. J'aime mieux cela. Je n'en finissais pas de vous reconnaître. (Gide) Ne pas en finir de marque l'aspect ________.
1 accompli
2 duratif
3 progressif
4 itératif
"Il éleva légèrement le bras droit, stupéfait du silence qui continuait à l'entourer, comme si son geste eût dû déclencher quelque chute" (Malraux). L'aspect exprimé par continuer à est ________.
1 l'accompli
2 l'itératif
3 le progressif
4 (Autre chose)
Réaction 31


Dans l'itération, on recommence, mais si l'action n'a lieu qu'une seule fois, elle est "semelfactive".

(Voir G.Genette pour la théorie des aspects dans le roman.)

Mais déjà nous sommes en mesure de dresser un tableau récapitulatif dans lequel trouvent leur place tous les emplois des temps du français.
LES TEMPS
Catégorie Valeur Tiroir Exemple
Pas d'ancrage (non marqué)
ou noyau au présent / futur

ou contexte
intemporel
simultanéité accompli présent passé composé On voit mieux d'ici. On t'a vu, sors.
antériorité (*) accompli passé composé passé surcomposé On t'a vu hier.
Il a eu tout vu
en 5 mn.
postériorité
accompli
futur futur antérieur On verra bien.
On aura vu
le film avant 5h.
Temporalité relative à un passé, ancrage allocentrique
récit/fiction
Établissement de l'ancrage (position implicite du sujet énonciateur)
accompli
passé simple
passé antérieur
Il comprit que...
Quand il eut compris que...
simultanéité accompli imparfait plus-que-parfait Il ne voyait rien.
Il avait déjà tout vu.
antériorité
accompli
plus-que-parfait plus-que-parfait surcomposé Il n'avait rien vu alors.
Il avait eu tout ficelé en une mn.
postériorité
accompli
futur du passé futur antérieur du passé Il verrait plus tard.
Il aurait tout ficelé.


* En contexte intemporel, l'antériorité s'exprime par un imparfait. (Avant, il fermait le mardi ).

Ouvrons ici une parenthèse en vue de discuter la qualité des noms traditionnels de nos temps du passé. Le passé simple est-il vraiment le temps le plus simple du passé? Comme il crée un autre ancrage temporel et qu'il passe pour littéraire (certaines personnes ne l'utilisent jamais), on ne peut pas nier sa marginalité. Difficile de le considérer comme le passé le plus courant! Il serait mieux situé dans les esprits avec un autre nom, par exemple passé absolu, sans lien avec le présent des locuteurs. L'appeler parfait ne serait pas non plus une solution comme on va le voir.

Le plus-que-parfait, qui est formé de l'imparfait + participe passé, et qui est donc un accompli de l'imparfait, ne serait-il pas mieux nommé plus qu'imparfait? D'autant que nous n'avons pas de parfait. On a judicieusement retiré ce nom au passé simple. Le parfait est ce qui est fait et complètement fait, terminé : c'est l'accompli! C'est un nom qui pourrait convenir au passé composé. D'autant plus que les temps composés du passé... ils sont nombreux : ce sont ceux qui sont formé d'un auxiliaire + participe passé. Pourrait-on les appeler tous, également, des parfaits? On pourrait du moins dire : accompli du présent pour le passé composé; accompli du passé absolu, pour le passé antérieur; accompli de l'imparfait pour le plus-que-parfait. Trois accomplis (ou parfaits).

Et l'imparfait, lui, il ne changerait pas? N'étant pas accompli, il est encore en train de se faire, et voilà donc au moins un nom qui convient.

Application 2.

Donner les temps des verbes de la phrase suivante (à partir du tableau) et expliquer leur valeur.

"La chose qui paraissait impossible prend, dès qu'elle est arrivée, sa place dans l'ordinaire quotidien. Il fut donc bientôt entendu que le sieur Mélina épouserait la jeune fille."
Réaction 32


CORRIGÉ

Ce n'est pas un présent du récit, ni un présent actuel, mais un présent général, si général qu'on peut l'appliquer dans un récit, en tant que vérité intemporelle : c'est ce qu'on appelle un présent gnomique (comme dans les proverbes).
Réaction 33


CORRIGÉ

C'est un imparfait. Il devrait donc, suivant le tableau, marquer une simultanéité dans l'ancrage allocentrique. Or, ici, l'ancrage de l'ensemble du texte est effectivement allocentrique mais l'ancrage immédiat, prend, est au présent. Dans un contexte présent, l'imparfait ne peut garder sa valeur de simultanéité. C'est logique : il y a en lui deux idées, l'une de présent, l'autre de passé. Dans le passé, il marque une simultanéité et dans le présent une antériorité. «La chose qui, avant, paraissait impossible...»
Réaction 34


CORRIGÉ

Passé composé. Accompli par rapport à prend.
Réaction 35


CORRIGÉ

Passé antérieur? Attention! L'auxiliaire être est celui de la voix passive, et entendre est bien transitif. Le passé antérieur serait eut entendu. Fut entendu est le passé simple de la voix passive. Le passé simple est l'ancrage de la fiction. C'est le récit qui reprend.
Réaction 36


CORRIGÉ

Conditionnel. Très exactement : futur du passé. Effectivement, dans l'ancrage de récit, le futur est un futur du passé.

Choix du mode: indicatif, subjonctif, conditionnel.

Voulez-vous tenter de construire une phrase qui contiendrait le plus grand nombre de modes différents?
Oui, oui, viens, ce serait amusant que tu sois là, j'y tiens. Les verbes de cette phrase sont, dans l'ordre, au mode ________.
1 indicatif, conditionnel, subjonctif, impératif
2 impératif, subjonctif, conditionnel, indicatif
3 subjonctif, conditionnel, impératif, indicatif
4 (Autre chose)
Réaction 37


Il y a quatre modes conjugués (c'est-à-dire dont les variations indiquent la personne). Ce sont: l'indicatif (qui est sans valeur particulière), le subjonctif (qui limite l'action par une dépendance étroite), le conditionnel (qui marque une simple potentialité), l'impératif (sans pronom sujet exprimé: l'action est donnée à faire au destinataire de l'acte de parole).

Quant aux modes non conjugués (sans variation de personne), ils sont au nombre de trois: l'infinitif, le participe et le gérondif (rire, riant, en riant). Ces modes sont la forme que prend le verbe lorsqu'il doit avoir une allure de substantif, de qualificatif ou d'adverbe (Il répond en riant est analogue à Il répond humoristiquement). D'ailleurs, sous la forme de l'infinitif, il peut même devenir un pur substantif (le rire); sous la forme du participe, présent ou passé, un pur qualificatif (un gars riant, un fille décidée).

Les modes sont-ils des formes essentielles en toute langue ou bien pourrait-on en imaginer d'autres, qui seraient les seuls dans d'autres langues? (Votre avis?)
Les modes indicatif, conditionnel, subjonctif et impératif sont-ils les seuls?
1 Oui.
2 Le participe et l'infinitif sont aussi deux modes.
3 Il y a six modes du verbe, sans compter la probabilité, la possibilité et l'irréalité.
4 (Autre chose)
Réaction 38


Si l'on ajoute aux modes les semi-auxiliaires pouvoir et devoir, on a la possibilité et la probabilité (parfois la nécessité). L'irréel est rendu par l'accompli du conditionnel. Le système français semble assez complet.

Y a-t-il une différence fondamentale entre les modes, les aspects et les voix, du point de vue du signifiant et du signifié?
Le propriétaire doit être sorti. Doit est ________.
1 un auxiliaire
2 un semi-auxiliaire de mode
3 un semi-auxiliaire de temps
4 un mot lexical (verbe ordinaire)
Réaction 39


Peu de cohérence formelle, beaucoup de semi-auxiliaires délexicalisés : ce sont des catégories que la langue a adoptées en cours de route, avec des moyens de fortune. Seul le subjonctif est enraciné dans les formes conjuguées mais pas très distinctement. Par contre, du point de vue du sens, quelle finesse, quelle précision (le plus souvent)!

Les voix jouent sur les fonctions sujet et objet, le rapport du verbe avec ses actants. Les aspects montrent comment l'action se déroule. Les temps indiquent à quel moment. Il est facile d'associer les modes non conjugués à des catégories syntaxiques, comme on vient de le voir. Dira-t-on que les modes conjugués sont des manières de présenter l'action (l'indicatif est réel, etc.)?
L'éditorial préfère que ce service ne s'éten___ pas à un plus grand nombre de pays.
1 d
2 de
3 (N'importe)
4 (Selon le niveau de langue)
______ que les examens de la session de septembre soient reportés.
1 Il semble
2 Il me semble
3 Il paraît
4 (Selon la nuance de sens)
Enfilant son pardessus, il se précipita dans la rue. Son pardessus enfilé, il était déjà dans la rue.
1 Enfilant et enfilé appartiennent à la conjugaison du verbe enfiler.
2 Ils sont à un mode qui n'a pas de variations de personne.
3 On les appelle participes.
4 (N'importe)
Réaction 40


Pour partir de ce qui est le plus évident, on vient de remarquer une relation entre les modes non conjugués et les trois types de lexèmes, nom, qualificatif et verbe. Il y a donc un mode qui consiste à donner à l'action dui verbe une forme qui permet d'en faire autre chose qu'un verbe, de modifier la catégorie grammaticale.

Qu'en est-il des modes conjugués? L'impératif est à moitié conjugué seulement (La première personne n'existe qu'au pluriel à moins de la remplacer par le subjonctif, comme il faut le faire à la 3e personne). Il n'a que les personnes à qui on peut s'adresser. Il met l'action en relation directe avec un des «pôles» de l'acte de parole, le destinataire (tellement présent qu'il n'est même pas représenté par un pronom). Or l'acte de parole est une catégorie non seulement pragmatique mais formelle, linguistique, puisqu'il régit notamment la pose des virgules.

Le subjonctif, lui, est le mode par excellence. Or il sert à marquer l'étroitesse du lien du verbe avec son noyau. Cette notion de dépendance syntaxique est bien, elle aussi, une catégorie.

La langue s'est dotée d'un conditionnel pour pouvoir détacher l'action verbale du réel. Le réel est une des dimensions essentielles du texte global, évidemment. Quant à l'indicatif, étant si large qu'il est indéfinissable, il sert à tout : c'est donc le centre du système des modes du verbe. Il en est l'élément non marqué.

Risquons donc une définition de la notion de mode : le mode indique la relation de l'action verbale avec une des catégories syntaxiques ou pragmatiques fondamentale.

Ainsi, on pourrait imaginer d'autres modes, suivant les «pôles» (non les contenus!) Un mode du je (on se sert de l'exclamation), un mode de la poésie (on se sert du rythme), un mode du partage de l'énonciation (on se sert du dialogue).

Dans les modes conjugués, il nous suffira d'étudier le subjonctif et le conditionnel. Mais pourquoi, pensez-vous, ne faudrait-il pas étudier plutôt le mode le plus couramment utilisé, l'indicatif?
Il avait d'abord proposé que nous ______ nous-mêmes nos groupes de travail. Puis il a décidé que la répartition ______ faite par l'administration.
1 choisissons, soit
2 choisissons, serait
3 choisissions, soit
4 choisissions, serait
Il a tiré seulement après qu'ils ____ défoncé la porte.
1 ont
2 aient
3 (Au choix mais de préférence 2)
4 (Selon la nuance de sens)
La pluie s'est mise à tomber après qu'il ___________.
1 soit sorti
2 est sorti
3 ait sorti
4 (N'importe)
Toutes les élèves du Lycée National des Jeunes Filles sont rentrées après qu'elles _______ fini leur devoir de français à la salle d'étude.
1 aient
2 avaient
3 ont
4 eurent
L'eau bout à 100 degrés. Si l'on a ici une assertion de type explicatif (et non une action en train de s'accomplir, ou un futur proche), c'est parce que ________.
1 le verbe est au présent
2 le verbe est à l'indicatif
3 (1 et 2)
4 le contenu est une "loi"
Réaction 41


S'il était le mode du réel, ce qui est vrai quand on l'oppose au conditionnel, on ne pourrait pas mettre le subjonctif avec après que. Si c'est après, c'est que ça a eu lieu et donc c'est réel! Mais la majorité des répondants tient au subjonctif ici.


QCM  30366                    # 345      |100%              ·

Lot  EQ3acc   Cycle 23         Valide    |   |              ·
Rép.     %      Niveau    Discriminance  |   |              ·
4*      18      2.65      0.36           |   |              ·
1       14      1.16      0.42           |   |              ·           2222
2       54    -12.67      0.08           |   |         22222222222222222
3       14      0.00      0.00           |   |222222222     ·              1
-----------------------------------------|   |              ·           111
La mère arrive après que le thé          |   |              ·         11
empoisonné ______ été bu.                |   |              ·      111     4
1)     a                                 |50%|···················11·····444·
2)     ait                               |   |              · 111     44
3)     (N'importe)                       |   |              11     444
4)     (Selon la nuance de sens)         |   |            11·    44
                                         |   |         111  44444
                                         |   |       11   44·
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Ce n'est pas que l'indicatif insiste sur la réalité de l'irrémédiable (elle l'avait empoisonné alors que le voyageur était son propre fils, sans le savoir). Non, il ne fait que rapporter le second événement en le plaçant dans le déroulement chronologique. L'irrémédiable, le tragique, sont donc seulement dans le contexte.

En revanche, le subjonctif instaure entre les deux actions un lien étroit qui favorise la vision tragique. C'est ce qu'ont senti les répondants de la première strate (18%). La majorité est en faveur du subjonctif seulement, sans doute sous l'influence du que. (Le niveau de cette strate est bas)

Le choix du subjonctif peut prendre une valeur particulière (trop tard!). L'indicatif ne fait que rapporter les deux actions et donc souligne plutôt la hâte de la mère. Pourquoi lier le subjonctif à la présence de que? On ferait des erreurs mais aussi, on se priverait d'une des nuances précieuses de notre syntaxe.

Commodité des valeurs d'emploi indéfinissables.

En langue, il y a des termes non marqués, qui servent à tous les cas qui diffèrent des termes marqués, quels qu'ils soient, et qui sont donc un peu indéfinissables (le neutre par rapport au masculin et au féminin). L'indicatif est le terme neutre du système des modes.

Certes, les grammaires définissent l'indicatif comme le mode de la réalité. Sans doute, le subjonctif et le conditionnel ont moins de dispositions que l'indicatif pour déboucher directement sur ce qui est, sans plus. Mais quand il y a trois positions, dans une structure linguistique, il y en a souvent une de non marquée. Le subjonctif soumet le verbe à son noyau ou au contexte énonciatif. Le conditionnel crée un climat d'hypothèse. Ce sont des modes marqués. L'indicatif n'a pas de marque particulière. Sa valeur (en bonne théorie structurale saussurienne) est «d'être ce que les autres ne sont pas». Mettre l'indicatif, c'est indiquer que le verbe ne dépend pas étroitement d'un noyau (il serait au subjonctif, comme il sera précisé plus loin) et qu'il n'est pas non plus purement potentiel (voire irréel). On voit qu'il a dès lors toutes les chances d'être simplement réel (ou intemporel).

Pouvez-vous dire ici maintenant pour quelle raison il ne sera pas nécessaire de définir davantage l'indicatif?
Comment imaginer qu'un homme d'apparence aussi intègre ______ commis un faux?
1 a
2 ait
3 aurait
4 (Selon la nuance de sens)
Les patrons avaient souhaité que le ministère des Affaires sociales ______, mais il faut remarquer qu'il n'______ pas.
1 intervînt, intervînt
2 intervint, intervînt
3 intervînt, intervint
4 intervint, intervint
Réaction 42


On a défini ici les emplois du subjonctif et ceux du conditionnel et cela suffit parce que tout le reste, quel qu'il soit, tombe dans l'indicatif.

Dans la complétive d'un verbe d'opinion ou de perception (croire, espérer, supposer...), on met le conditionnel quand on pense à un fait éventuel, hypothétique; le subjonctif quand la vérité de la subordonnée est restreinte par celle de la principale; l'indicatif autrement (elle est donnée comme à considérer en elle-même, sans restriction ni lien).

Ainsi, on a le subjonctif après une principale négative, interrogative ou conditionnelle, ou quand le verbe principal se colore d'une nuance affective ou quand il implique la négation, le doute, l'incertitude.

Concluons. En lui-même, l'indicatif se contente d'indiquer. Il faut un terme non marqué dans un système et, dans le système des modes, lequel peut remplir un tel office? L'indicatif s'emploie quand on ne veut pas de mode particulier.

Quant au conditionnel, on a vu plus haut que pour lui, mode hypothétique serait une meilleure dénomination. Sa forme est celle d'un futur du passé. Il prend la valeur d'une hypothèse quand son ancrage est le présent. En ce cas, il prend une valeur de potentiel ou d'irréel.

S'ils sont en concurrence, le subjonctif prime sur lui.

Le participe.

Les modes non conjugués sont ceux qui ne varient pas en personne. Ils sont trois : l'infinitif, le participe et le gérondif. Le mot gérondif ne vous est peut-être pas très familier. En chantant est le gérondif de chanter, la forme adverbiale de ce verbe. Il est venu comment? Vite. Joyeusement. En chantant.

Donnez les autres formes des modes non conjugués du même verbe.
Réaction 43


Infinitif : chanter. Participe présent : chantant. Participe passé : chanté.

L'infinitif et le gérondif n'ont qu'une forme. Leur passé est un accompli : avoir chanté et en ayant chanté. Le participe, lui, est un peu plus compliqué, non seulement à cause de ses accords, mais à cause de sa ressemblance avec l'adjectif verbal. Et même avec certains noms (un adhérent, un intrigant).

Parvenez-vous à distinguer le participe du qualificatif? Y a-t-il toujours une différence visible, une différence de forme?
L'extrava_____ Pantagruel est une excell____ personnification de l'épicurisme.
1 gant, ente
2 guant, ente
3 gant, ante
4 guant, ante
Des parents trop indulg______ ne sont pas respectés autant que des parents intransig____.
1 ents, ents
2 eant, eant
3 ents, eants
4 eants, ents
Ils atteindront peut-être la mer en ______ sur le fleuve Zaïre. Ce serait un exploit sportif sans ______.
1 naviguant, précédent
2 naviguant, précédant
3 navigant, précédent
4 navigant, précédant
Réaction 44


Le participe présent est toujours en -ant, mais le qualificatif n'est pas toujours en -ent. La règle de la contre-cédille joue pour les verbes en g avec les formes verbales -guant ou -geant selon que le g est dur ou non. N'y a-t-il pas aussi une différence d'accord?
Moi viv____, s'écria ma mère, ce mariage n'aura pas lieu.
1 ant
2 ante
3 (N'importe)
4 (Selon le sens)
Les soleils couch____ s'en vont déclin____ vers l'occident.
1 ant, ant
2 ant, ants
3 ants, ant
4 ants, ants
Il lui fallut rentrer toutes affaires cessan___.
1 t
2 tes
3 (Au choix mais de préférence 1)
4 (Au choix mais de préférence 2)
On rappelle au début d'un certain nombre d'ouvrages que toute reproduction faite sans le consentement de l'auteur ou de ses ayant__ droit__ et ayant__ cause__ est illicite.
1 s, s, s, s
2 s, (Rien), s, (Rien)
3 (Rien), s, (Rien), s
4 (Rien), (Rien), (Rien), (Rien)
Réaction 45


Il y a une différence d'accord aussi car on n'accorde que le qualificatif. Il y a bien quelques exceptions mais c'est de l'ancienne langue. Il faut remarquer que, le qualificatif pouvant être employé comme nom, on rencontre aussi des noms qui ont la forme en -ant. Seront-ils invariables?
Assiégean__ la place de la République, les manifestan__ se transformèrent en émeutiers.
1 t, t
2 ts, t
3 t, ts
4 ts, ts
Les enfants ont déchiré leurs vêtements flamban____ ____.
1 t, neuf
2 ts, neuf
3 t, neufs
4 ts, neufs
Réaction 46


Moins encore que les qualificatifs! L'important est donc d'isoler et de bien identifier les authentiques «participes», qui participent si bien à la nature verbale qu'ils vont jusqu'à ne plus s'accorder (en sorte que ce n'est pas l'accord du participe passé qui devrait nous étonner, puisqu'il peut toujours être qualificatif ou même substantif, mais son absence d'accord, quand il est verbe. À quoi peut-on reconnaître sa nature verbale, alors, puisque là est toute la question?
Tout à coup, il a été distrait. Distrait est ______.
1 un adjectif qualificatif
2 la partie lexicale d'une forme verbale
3 (N'importe)
4 (Selon la nuance de sens)
Vaut-il mieux les avoir «collés»? Collés est ______.
1 avec avoir, le passé composé du verbe
2 qualifiant, complément attributif de les
3 (Selon le sens)
4 (Autre chose)
Réaction 47


C'est une question d'attache. Le verbe a des actants (au moins un sujet), il est le noyau syntaxique, alors que le qualificatif s'attache à un nom, il en dépend. Dans Êtes-vous satisfaite, Madame? on accorde parce que c'est le qualificatif (attribut), comme dans Êtes-vous contente. Mais qu'est-ce qui empêche que ce soit la forme composée du verbe, comme dans Vos demandes ont été satisfaites? Il y a une telle proximité que l'accord, même si c'est la forme verbale composée, est incontournable.

Voilà ce qui fait la grande différence entre le participe passé et le participe présent, dans les formes verbales. On s'étendra plus loin sur les particularités de l'accord du participe passé mais on peut déjà constater qu'il s'accorde parfois (à cause de l'auxiliaire être) alors que le participe présent ne s'accorde que s'il n'est plus un noyau verbal, que s'il est employé comme qualificatif ou comme nom.

Les participes ...participent à la nature du verbe. Ils servent surtout comme épithètes ou attributs : ils qualifient donc des substantifs. Il est mort. Il est vivant. Ils appartiennent aux verbes mais il ne sont plus toujours des verbes. Leurs emplois les ont progressivement dénaturés. Leur fonction qualifiante leur fait perdre leur nature verbale. Elle peut ressurgir selon les contextes. Les concepts de «mort» et de «vivant» sont plutôt des qualités, et leur fonction est celle d'attributs, mais dans Il est mort hier à 15h on a un accompli de l'action de mourir : c'est une forme verbale. Dans Vivant chichement on a un aspect progressif (être en train de) donc il y a qqch. de verbal. Le traitement diffère pourtant. Elle est morte hier. Vivant chichement, elle laisse un bel héritage.

Ceci dit, quelle est la différence entre un participe présent (consternant) et un participe passé (consterné)? Est-ce vraiment une différence de temps? Ne serait-ce pas plutôt une différence de voix? SI vous hésitez, forgez un exemple.
Réaction 48


Consternant ses proches, il va quitter son emploi. Tous sont consternés. Aucune différence de temps. Le second n'est pas plus passé que le premier. Les deux sont au présent. Par contre, l'action du verbe ne s'applique pas au sujet de la même façon dans consternant que dans consterné. Pour un participe "présent", l'action s'applique au sujet (c'est la personne qui consterne qui est consternante). Avec un participe "passé", on ne se trouve pas dans le passé mais on applique l'action à l'objet du verbe (c'est la personne que l'on consterne qui est consternée).

Sans doute est-ce son emploi dans les accomplis qui a fait croire que le participe passé était un passé. Pour la clarté de la terminologie, mieux vaudrait parler de participe passif. En ce cas, le participe présent deviendrait le participe actif... On le voit d'ailleurs en train d'agir. Bâclant devoirs et leçons, elle est à la piscine à 16h.

Il est dès lors possible et même normal d'utiliser un participe passé (= passif) dans un temps futur. Ex. : Les résultats seront connus lors du congrès de renouvellement du parti, tenu samedi prochain. Le congrès est tenu samedi prochain. On le tient ce jour-là. Le participe passé met le verbe au passif et non au passé. Hé oui! (Il faudrait plus de logique dans les grammaires.)

Il y a là des probabilités équival___ à une certitude.
1 ant
2 entes
3 (Au choix, mais de préférence 1)
4 (Au choix, mais de préférence 2)
Suffo_____ d'émotion, Madame voyait les huissiers confis_____ ses meubles et ses bijoux.
1 cant, cant
2 quant, cant
3 cant, quant
4 quant, quant
Les employeurs sont bien exig______ lorsque, engag______ un employé, ils demandent tant de références.
1 ents, eant
2 eants, eant
3 ents, eants
4 eants, eants
Réintégrant sa cellule, la malheureuse fondit en larmes. Réintégrant est ______.
1 participe présent
2 qualificatif (adjectif verbal)
3 (1 ou 2, au choix)
4 gérondif
Nos soirées dansantes attirent la foule. Dansantes est ________.
1 participe présent
2 qualificatif (adjectif verbal)
3 gérondif
4 (N'importe)
Il dissipa sa fortune en organisant des bals. Organisant est ________.
1 participe présent
2 qualificatif (adjectif verbal)
3 (1 ou 2, au choix)
4 gérondif


Commencez-vous à savoir «sentir» la présence d'un action verbale ou d'une qualité dans une forme grammaticale?
Réaction 49


Participe et infinitif.

L'infinitif, facilement confondu avec le participe passé (finale en /é/), ne se construit pas comme lui mais comme un nom, en quelque sorte. Il faut donc chercher au verbe un sujet, comme on l'a fait au début de ce chapitre. Quel serait dans le contexte le pronom ou le nom qui pourrait être premier actant du présumé infinitif?
Se sont-ils déjà baign__ ou vont-ils aller se baign__?
1 és, és
2 és, er
3 er, és
4 er, er
C'est à cause de sa jambe qu'elle __ renonc__ __ dans__.
1 a, er, à, é
2 à, é, a, er
3 à, er, a, é
4 (Autre chose)
Il est rest__ ferm__ pendant huit jours.
1 é, é
2 é, er
3 er, é
4 er, er
Divers groupes continueront toute la semaine ______ des actions pour appuyer les réfugiés.
1 a mené
2 a mener
3 à mené
4 à mener
Présentation sous forme de granulés que l'on peut croquer purs ou ______ avec une boisson.
1 diluer
2 dilués
3 (N'importe)
4 (Selon la nuance de sens)
Ayant été sollicit____ un poste auprès du Directeur du Collège et celui-ci l'ayant jugé incapable de réussir comme enseignant, il s'avisa de se faire incorporer dans l'armée.
1 é
2 er
3 (Au choix, mais de préférence 1)
4 (Au choix, mais de préférence 2)
N'est-ce pas _____ un peu trop loin que de prétendre que la poésie est électrique?
1 poussé
2 pousser
3 (Au choix mais de préférence 1)
4 (Au choix mais de préférence 2)
Ils s'insurgent contre une institution dépassée à laquelle, cependant, ils semblent rest___ attach___.
1 er, er
2 er, és
3 és, er
4 (Autre chose)
Réaction 50


On met l'infinitif si le mot auquel il se rapporte fait l'action; le participe, s'il la subit. En ce cas, il est objet, et on peut intercaler l'auxiliaire de la voix passive.

Accord du participe passé.

On y a tellement vu de règles (c'était la foire aux cancres) que la raison y semble avoir perdu ses petits. Ici comme ailleurs, revenir à la logique sera le plus simple. Il faut trouver l'objet direct, s'il y en a un. S'il est bien là, on accorde. Une seule règle, alors? Tout peut se ramener à rien que cela?
Albin avait commis une faute et le vieux l'avait découver____.
1 t
2 te
3 (N'importe)
4 (Selon le sens)
Cette plage est beaucoup plus belle que je ne l'avais cr___.
1 u
2 ue
3 (Selon la nuance de sens)
4 (Autre chose)
La chose est moins grave que je ne l'avais suppos____.
1 é
2 ée
3 (Selon le sens)
4 (Autre chose)
Réaction 51


Grosso modo, oui, mais c'est un principe, une raison, il faut voir et sentir les effets de l'accord. La pratique est plutôt qu'on ne prend plus le temps d'y penser, en sorte que l'invariabilité ne cesse de gagner du terrain, surtout dans la langue parlée, où les variations sont déjà peu visibles de toute façon.

Mais quand on y pense, le système devient assez clair. Même le participe actif peut servir de qualifiant (Elle est bien vivante). Vise-t-on l'action, invariabilité (Vivant au bord du fleuve, ils passent leur temps sur l'eau). Vise-t-on la qualité, accord. On parle alors d'adjectif verbal et non plus de participe. On reviendra plus loin sur ce qui fait du verbe (comme forme) un verbe (syntaxiquement). La passivité naturelle du participe passé rend cette distinction inutile. On y vise toujours une qualité même si c'est de manière verbale (la porte fermée l'intrigue / la porte fermée, il respire). Il suffit donc de trouver l'objet direct qui serait sujet d'une voix passive.

Ce principe bien établi, on peut aborder les cas habituels.

Employé sans auxiliaire, le participe passé s'accorde. Ne faut-il pas tenir compte de son emplacement toutefois, au cas où son noyau nominal serait introduit par lui?
Décid___ à partir, je crois qu'elles ne resteront pas longtemps emprisonn___ ici.
1 é, é
2 é, ées
3 ées, é
4 ées, ées
M__ comme par un ressort, elle se trouva debout.
1 û
2 ûe
3 u
4 ue
Les journaux une fois v__, nous sommes partis, v__ l'heure avancée.
1 us, ue
2 us, u
3 (Au choix, mais de préférence 1)
4 (Au choix, mais de préférence 2)
Le jury rendit un verdict de non-culpabilité, atten___ les imbroglios de la cause.
1 due
2 du
3 dus
4 d
Toutes les clauses sont importantes, except__ celle qui concerne les réengagements.
1 ée
2 ées
3 (Selon le sens)
4 (Autre chose)
Vous constaterez que, ôt___ les assurances, toutes les factures ci-annex___ ne font plus une grosse somme.
1 é, é
2 ées, é
3 é, ées
4 ées, ées
Avec cette nouvelle ère, fin__ les guerres du passé!
1 i
2 ies
3 (Au choix, mais de préférence 1)
4 (Au choix, mais de préférence 2)
Je vous prie, Monsieur, de trouver ______, les pièces nécessaires à l'instruction.
1 ci-inclus
2 ci-incluses
3 (N'importe)
4 (Selon le sens)
Réaction 52


C'est la même chose pour tout qualificatif. Parfois, quand il est grammaticalisé, il devient une sorte de lien (il précède et introduit le substantif auquel il s'attache).

Employé avec être, il est attribut et suit aussi les règles habituelles des qualificatifs.

Elle était à la porte quand s'est produi__ la déflagration.
1 t
2 te
3 (Au choix mais de préférence 1)
4 (Au choix mais de préférence 2)
Les enfants ont attendu__ les vacances avec impatience; ils sont revenu__ quinze jours plus tard, en pleine forme.
1 (Rien), s
2 s, s
3 s, (Rien)
4 (Rien), (Rien)
N'étant pas arriv__ en même temps que leurs amies, elles voulaient aussi être renseign__.
1 er, er
2 ées, er
3 er, ées
4 ées, ées


Est-il attaché à un objet direct?
Réaction 53


Non. Il est attaché au sujet. C'est quand il est employé avec avoir que ce sujet est un objet direct.

Ce sont là les disques que je vous ai prêt____?
1 é
2 és
3 er
4 (2 ou 3, selon la nuance de sens)
Elle a dit que ce n'était pas elle qui avait occ__ le chaton.
1 it
2 ite
3 is
4 i
Il m'a rend__ heureuse.
1 u
2 ue
3 (Au choix mais de préférence 1)
4 (Au choix mais de préférence 2)
J'étais prête à la danse. Le mouvement et le bruit m'ont envah__.
1 i
2 ie
3 is
4 (Selon la nuance de sens)
Je relis les lettres de menace que m'avait écri____ cet individu.
1 t
2 tes
3 te
4 (1 ou 2, selon la nuance de sens)


Pourquoi avec son objet direct? Et pourquoi pas avec le sujet s'il n'y a pas d'objet direct? Et surtout, pourquoi "...s'il précède"?!
Réaction 54


Transitif, le verbe a un sujet et un objet direct. Le participe s'accorde alors avec cet objet direct parce que, à la voix passive, c'est ce même objet qui serait sujet et que le participe serait une sorte d'attribut, lequel devrait évidemment s'accorder. (Tu as pris une décision. La décision est prise.) "Seulement s'il précède" parce que cela permet d'éviter de devoir faire l'accord avec un objet qu'on ne connaîtrait pas encore... (Tu as pris une décision. La décision que tu as prise) Cette difficulté devait être une facilité, en principe.

Il faut donc identifier l'objet direct. Comme la place normale de l'objet direct est de suivre le verbe, les cas où l'accord est requis sont relativement rares. Ainsi, dans la langue parlée, où l'on n'a ni le besoin ni le loisir de beaucoup réfléchir sur la forme de son texte, la tendance est de ne plus se préoccuper de la règle, et de ne plus faire l'accord, souvent inaudible de toute façon.

En revanche, en milieu scolaire, cet accord est une occasion rêvée de faire faire un minimum d'analyses, et comme il y a faute à la clé, l'utilité des analyses est immédiatement démontrée. Ces analyses sont accessibles à ceux qui comprennent les voix et les actants. On a multiplié les règles pour aider les autres. Reprenons l'explication sur le plan théorique.

Le participe passé, forme qualifiante, doit s'accrocher à une substance. Celle-ci est le sujet quand l'auxiliaire est être et donc l'objet avec avoir (avertir une cliente - la cliente est avertie - nous l'avons avertie). Ceci bien assimilé, on peut donc présenter l'ensemble de la situation assez simplement. Identifier une forme en tant que participe passé suffit à entraîner l'accord avec le sujet... sauf s'il y a un auxiliaire avoir (ou être «mis pour avoir»).

Comment faites-vous l'accord si l'auxiliaire est avoir et qu'il n'y a pas d'objet direct? C'est le cas des verbes intransitifs.
Ceux à qui mes propos avaient pl____ s'écrièrent que la situation était tend____.
1 u, u
2 u, ue
3 us, u
4 us, ue
Ces livres, j'aurais souhait____ que vous me les eussiez rend____ plus tôt.
1 é, u
2 és, u
3 é, us
4 és, us
Aucun de ces obstacles n'a e____ l'importance que nous y avions attach____.
1 u, é
2 u, ée
3 us, ée
4 us, és
Il faut penser à cette personne qui a dispar__.
1 u
2 ue
3 ut
4 us
D'ici quelques années, on peut esperer que les mentalités auront évolu__.
1 é
2 er
3 ès
4 ées
Les mets qu'elle avait cui__ ont relu__ à la lueur des chandelles.
1 s, i
2 ts, i
3 ts, it
4 ts, is
Une altercation avait suiv___.
1 i
2 ie
3 (Au choix mais de préférence 1)
4 (Au choix mais de préférence 2)
Les populations d'amphibiens sont en diminution de 4 à 5% l'an depuis 1960 (80% au total). On compte au moins 61 espèces ________, comme le magnifique crapaud doré (Bufo periglenes) d'Amérique centrale.
1 semblant avoir définitivement disparues
2 qui semblent définitivement disparues
3 semblant avoir définivement disparu
4 (N'importe)
Réaction 55


Ils restent invariables. Encore faut-il distinguer car ils ont parfois des objets directs à peine détectables, peu visibles sans se poser certaines questions syntaxiques. Comment détecter l'objet direct? Comment peut-on vérifier quel est réellement l'objet direct?
Je connais les parents du champion pour leur avoir souvent rend__ visite.
1 us
2 u
3 ue
4 (Selon la nuance de sens)
Même si la viande était plus chère qu'ils ne l'avaient pens____, il fallait tenir les promesses de menu qu'on avait fai____.
1 é, t
2 ée, t
3 é, tes
4 ée, tes
Ces lectures que tu m'avais di____ faciles, que j'avais espér____ passionnantes, elles m'ont paru décevantes.
1 t, é
2 tes, ées
3 (Au choix, mais de préférence 1)
4 (Au choix, mais de préférence 2)
Nous rencontrons les difficultés que nous avions prév____, c'est pourquoi nous ne pourrons livrer demain les esquisses que nous aurions d____.
1 u, û
2 ues, û
3 u, ues
4 ues, ues
Il a fallu rendre justice à celui qui l'avait mérit____.
1 é
2 ée
3 er
4 (Selon le sens)
La renommée que ses produits lui ont val___ est internationale.
1 u
2 ue
3 us
4 (Selon la nuance de sens)
Cet appareil vous permettra de calculer précisément les mètres que vous aurez cour___ pendant les deux heures qu'aura dur___ l'expérience.
1 u, é
2 u, ées
3 us, é
4 us, ée
Les cent mètres qu'il a cour___ l'ont-ils complètement épuisé?
1 u
2 us
3 (N'importe)
4 (Selon le sens)
Réaction 56


L'objet direct répond à la question (verbe)+ quoi? Par exemple : Il a couru quoi? -- Dix minutes (Non : -- Des dangers. Les dangers qu'il a courus / les dix minutes qu'il a couru. C'est la durée. "il a couru combien de temps") Autre exemple : Cela vaut quoi? -- Des milliers de dollars (Non : -- Des ennuis. Les ennuis que cela a valus / Les milliers de dollars que cela a valu. "Cela vaut combien"). Le complément de prix ou de durée n'est pas considéré comme un objet direct.

On apprend ainsi à déceler ce qui est un véritable objet. Pour qu'il puisse devenir le sujet de la forme passive, l'actif doit avoir un objet qui ne soit pas un sujet déguisé (ce qu'on appelle un «sujet réel»), ce qui est le cas avec les constructins impersonnelles (où le il impersonnel n'est qu'un sujet factice). Dans Les froids qu'il a fait les froids ne sont pas faits (tour passif) par "il" puisque ce il ne désigne rien.

Le vrai sujet peut aussi être une proposition infinitive qui suit. Il faut donc se défier des objets directs suivis d'un infinitif, surtout si ce sont les auxiliaires faire, laisser, voir. Comme auxiliaires, ils n'ont qu'une valeur grammaticale. Auront-ils à s'accorder?
Les bohémiens que j'avais regard____ danser, je les ai v____ déguerpir vers d'autres horizons.
1 é, u
2 é, us
3 és, u
4 és, us
Les pommiers que nous avions v____ planter, les routes que nous avions regard____ tracer, tout cela est déjà du passé.
1 u, é
2 us, ées
3 (Selon la nuance de sens)
4 (Autre chose)
Elle s'est ____ maigrir de plus en plus. Elle s'est _____ dépérir.
1 vu, sentie
2 vue, senti
3 vue, sentie
4 (Au choix mais de préférence 1)
Au bout d'un moment, la chanson de John, les gens l'ont scand__, puis il les a fai___ chanter.
1 é, t
2 ée, t
3 é, ts
4 ée, ts
Nous les avons laiss____ passer... Eh oui! nous nous sommes laiss____ convaincre.
1 é, é
2 é, és
3 és, és
4 (Autre chose)
La chance que tu as laissé__ te sourira-t-elle à nouveau?
1 e
2 (Rien)
3 (Au choix, mais de préférence 1)
4 (Au choix, mais de préférence 2)
Réaction 57


ls ne peuvent avoir d'objet direct. Le présumé objet ne peut avoir cette fonction à leur égard. Ils restent invariables. Les retards qu'ils ont eus. Les chemins qu'ils ont eu [à parcourir]. Les pourboires qu'ils se sont fait verser.

Quand ils ne sont pas auxiliaires, ou pour les autres verbes, c'est quand le présumé objet est sujet de l'infinitif que l'accord a lieu.

La question qui se pose quand un infinitif suit l'objet direct est au fond toujours celle du rapport de l'objet avec le participe à accorder. Si l'objet est sujet de l'infinitif, il reste l'actant passif du participe et s'accorde. Mais s'il est l'objet de l'infinitif, cette fonction devient sa fonction principale, sinon la seule, il ne peut plus commander l'accord du participe. Dans Nous nous sommes regardé(s) fouiller l'un après l'autre, si c'est nous qui sommes fouillés, é; si c'est nous qui fouillons, és.

Faut-il argumenter que l'on peut se regarder quand on est fouillé tout autant que quand on fouille? Bonne objection, qui oblige à voir l'accord dans la situation décrite, et met la langue d'autant plus en contact avec le référent. Chacun regarde l'autre, et pareillement dans les deux cas, comme fouillant ou comme fouillé. Mais si regardés est accordé, la phrase est complète et pourrait s'arrêter après regardés, l'infinitif qui suit est dans un autre mot phonétique (regardés fouiller), l'infinitif est ajouté, greffé sur ce qui précède, puisant dans le nous le sujet qui est ce qui lui manque le plus.

Inversement, si on n'accorde pas regardé, on voit que l'action n'est pas réfléchie, qu'il faut un autre objet direct, et on l'attend, donc on évite de fermer le groupe syntaxique. Oralement, on peut prononcer le tout d'une traite (regardé fouiller). Ainsi, l'objet du participe devient l'infinitif; un infinitif qui ne peut se trouver de sujet autre qu'implicite puisque les actants mentionnés sont à placer comme ses objets (ils ne peuvent plus être les objets du participe).

C'est le sens (la valeur d'emploi selon la structure linguistique) qui permet à la fois d'échapper à une trop grande complexité de règles formelles et de garder aux formes leur pouvoir signifiant.

Les problèmes du participe à accorder à en peuvent aussi trouver leur solution en examinant la relation du participe et de son objet (de son sujet passif). Êtes-vous en faveur des Rectifications quand elles veulent rendre invariable tout participe passé dont le pivot est en?
Il faudrait d'autres preuves. J'en ai vainement cherch___ une seule.
1 é
2 ée
3 ées
4 (Selon la nuance de sens)
Des mangues, j'en ai mangé__ pendant toutes les vacances.
1 (Rien)
2 es
3 (Au choix, mais de préférence 1)
4 (Au choix, mais de préférence 2)
Réaction 58


Avec en comme objet direct, l'invariabilité est toujours possible, disent les grammaires, incertaines, et pour cause. Dans la mesure où cette règle simplifie la tâche des rédacteurs, elle a son utilité mais... elle pourrait aussi alourdir inutilement cette tâche, en ajoutant à la masse des règles de l'accord du participe une règle de plus qui rend les autres moins générales. Ne suffit-il pas de chercher s'il y a bien un objet direct qui précède? Que représente en? La question n'est pas indiscrète. On se la pose de toute façon pour saisir la phrase.

On sait que ce en est le morphème grammatical du groupe du verbe qui désigne un pronom objet indirect avec de (Je me souviens de cela = je m'en souviens) mais dans cet emploi, comme il est objet indirect, l'éventualité d'un accord avec lui ne se présente même pas : Ces colis, les étiquettes qu'il en a arrachées... On s'occupe de l'objet direct. Pour que surgisse une difficulté, il faut que ce en puisse être objet direct, ce qui n'est possible que s'il représente un des + nom ce qui se comprend seulement quand on observe sa parenté avec l'article partitif (De la confiture, j'en ai eu) ou avec l'article indéfini pluriel, refait lui aussi sur de (+les). Ex.: Des ennuis, j'en ai eus.


 QCM 30122                               |100%              ·
Lot Liège    Cycle 41         Valide     |   |              ·
         %     Niveau     Discriminance  |   |              ·    11111111111
3*      02     10.01      0.22           |   |         1111111111
2       38      0.98      0.24           |   |    11111     ·
1       55     -7.85      0.23           |   |1111          ·
4       05      0.00      0.00           |   |              ·
-----------------------------------------|   |              ·
Il y avait plus de cent pommes dans cet  |   |              ·           2222
arbre. Combien donc en as-tu pri____,    |   |              ·      22222
voleur, et combien en as-tu mang____?    |50%|···················22·········
1)     s, é                              |   |              22222
2)     ses, ées                          |   |         22222·
3)     (N'importe)                       |   |    22222     ·
4)     (Autre chose)                     |   |2222          ·
                                         |   |              ·
                                         |   |              ·              3
                                         |   |              ·      33333333
                                         |   |         333333333333
On peut penser que ce groupe de collégiens belges applique la règle du en qui rend le participe invariable, doublée de celle qui l'accorde comme qualifiant. Le beau 38% de la seconde strate ne prouve pas la nécessité de la position des Rectifications sur ce point. Elles se seraient donné une peine inutile.

Par contre, les fanatiques des accords de participe peuvent s'user les dents sur le cas du participe passé à la voix pronominale. Ils se sont succédé prendra-t-il s? Comment feriez-vous cet accord, et son analyse?
Réaction 59


Pas d'objet possible car on succède à quelqu'un. L'objet est indirect mais se ne peut recevoir son à car il est à l'intérieur du groupe du verbe (ils ont succédé à eux-mêmes). Et si l'on avait : les visites se sont succédé? Ne pourrait-on voir dans visite le noyau d'un qualifiant succédé? Peut-on dire d'une visite qu'elle est succédée? Si c'était le cas, on ferait l'accord avec le sujet et être ne serait pas mis pour avoir. Mais cela ne se dit pas.

Accord du participe passé à la voix pronominale.

Par son nom, la voix pronominale semble caractérisée par la présence d'un pronom. Mais qu'est-ce qu'une voix "pronominale"? La voix active et la voix passive ont beaucoup à voir avec l'accord du participe passé. La voix pronominale aussi?
Réaction 60


La voix est une façon de disposer des actants autour d'un verbe (Ceci sera examiné plus en détail au chapitre sur la construction du verbe.) Que ces actants soient des pronoms (autrement dit qu'ils aient une forme réduite qui leur permet de prendre place dans le mot phonétique du verbe), cela suffit-il à créer pour eux une voix? N'est-ce pas déjà ainsi dans la voix active?
Réaction 61


À n'importe quelle voix une forme verbale peut avoir des pronoms. La voix pronominale suppose un pronom réfléchi (je me, tu te, il se, nous nous, vous vous, ils se), c'est-à-dire un pronom qui désigne la même personne que le sujet. Ce pronom est normalement objet direct (Ils se sont désaltérés, débarbouillés), mais pas nécessairement. Il peut y avoir un autre objet pour le verbe. (Ils se sont fait des œillades -- les œillades qu'ils se sont lancées).

Alors, suffira-t-il que le pronom réfléchisse l'action pour que la voix cesse d'être une voix active? Pourquoi en avoir fait une voix à part? Ne devrait-on plutôt parler que d'une forme réfléchie? La voix reste active (ils ont désaltéré, débarbouillé eux-mêmes) puisque les actants restent les mêmes et au même endroit. Le verbe ne change pas de construction. À moins que... ce ne soit le changement de l'auxiliaire qu'il faille considérer. Ils t'ont désaltéré, debarbouillé. Ils se sont désaltérés, débarbouillés. C'est devenu le verbe être, donc la forme de la voix passive... Curieux changement, qui touche tout à fait aux voix, non?
Réaction 62


On aurait pu attendre : Ils s'ont désaltérés, débarbouillés. La langue étant aussi orale, quelle est la différence : c'est comme Ils sont. Passer à l'auxiliaire être aurait donc été une question de clarté. Le se pouvait rester univoque.

On peut aussi faire une investigation du côté des valeurs de chaque forme. Si l'action est réfléchie, donc renvoyée au sujet, qui devient aussi objet, direct ou indirect, c'est (un peu) comme une voix passive, où l'objet est devenu sujet. En tout cas, il faut reconnaître la constance inébranlable, dans l'usage, de cet auxiliaire être dès qu'apparaît près du verbe un pronom réfléchi.

Mais voici encre plus curieux. Car ce pronom réfléchi, parfois, n'est même pas objet, ni direct ni indirect (se moquer, s'écrier, s'évertuer...) Mais c'est justement dans ces cas-là qu'on parle de verbe purement pronominal.

Il faut soigneusement distinguer, dès lors; reconnaître que l'emploi courant du réfléchi (il se lave) ne crée pas de voix : la façon de disposer les actants autour du verbe reste celle de la voix active. Quand se n'a pas de fonction, en revanche, on se demande s'il faut encore accorder le participe. Les actants sont bel et bien déplacés, cette fois! Et le se ne sert qu'à annoncer ce déplacement. Changement de construction : naissance d'une autre voix... (Le grec avait une voix «moyenne» qui était aussi un mélange d'actif et de passif.)

Comment faire l'accord de Elles se sont récriées? On peut crier qqch. (Les injures qu'ils se sont criées) mais récrier ce n'est pas crier deux fois (recrier). Et elles n'ont pas récrié elles-mêmes : le se n'est pas réfléchi. Se sert à quoi?
Les personnes qui s'étaient propos___ de nous aider se sont vite ravis___.
1 é, é
2 ées, é
3 é, ées
4 ées, ées
Les ténèbres de Cyrix s'étaient évanou___ et, avec elles, les hordes d'âmes en peine qui s'étaient ru___ sur eux.
1 i, é
2 ies, é
3 i, ées
4 ies, ées
Réaction 63


À rien. Ou plutôt, il est un objet postiche, une preuve de l'absence d'objet, car il prend sa place mais ne désigne rien. Il y a un changement de voix, mais comme le sujet reste le sujet, on n'est pas allé jusqu'à une voix passive. On a quitté la voix active, cependant. Il serait prudent de ne pas accorder le participe, semble-t-il. On l'accorderait si le se était objet, et l'accord serait avec le sujet puisque se le désigne. Mais il ne le désigne pas, dans la voix pronominale.Toutefois le sujet reste seul en piste. L'absence d'objet limite l'action au seul sujet. Alors on a tendance à accorder avec le sujet, comme à la voix passive, puisque l'auxiliaire a changé! Absurde? Pas tant que ça. Mais trop compliqué. D'ailleurs personne, les grammairiens les premiers, ne s'y retrouve.

Les choses changent dès qu'un véritable objet est en vue (autre que le réfléchi).


QCM  2158                                |100%              ·
Lot  EQ3acc   Cycle 23         Valide    |   |              ·
Rép.     %      Niveau    Discriminance  |   |              ·
2*      22      2.10      0.38           |   |              ·           4444
1       09      1.26      0.41           |   |            44444444444444
4       59    -11.76      0.11           |   |444444444444  ·
3       10      0.00      0.00           |   |              ·
-----------------------------------------|   |              ·              1
S'est-elle foul__ la cheville ou         |   |              ·           1112
s'est-elle bless__ au genou?             |   |              ·         11222
1)     é, é                              |50%|·····················11122····
2)     é, ée                             |   |              ·    11222
3)     ée, é                             |   |              · 11122
4)     ée, ée                            |   |            1111222
                                         |   |         111  22
                                         |   |       1122222·
                                         |   |  1111122     ·
                                         |   |2222222       ·
Foulé est invariable parce que l'objet, cheville, le suit. Le réfléchi est sans doute un réfléchi car il désigne la même personne que le sujet. Et pourtant il ne réfléchit pas l'action puisque l'objet est cheville. Serait-il objet indirect? Logiquement, il actualiserait plutôt cheville. En effet, on dirait aussi: A-t-elle foulé sa cheville, mais ce serait moins élégant.

Bien qu'il ait remonté (comme disent les générativistes) auprès du verbe, le morphème actualise l'objet. Si ce n'était pas le cas, si se était l'objet direct, il précéderait et on pourrait faire l'accord. Dans Elle s'est blessée, elle a blessé qui?
Réaction 64


Elle-même. Blessé a pour objet le réfléchi et celui-ci précède. Il n'est pas là comme figurant grammatical sans fonction car il a sa fonction normale, bien précise. Et au genou, simple circonstanciel (de lieu), ne compte pas pour l'accord.

On observe avec foulé que la présence d'un réfléchi n'exclut pas l'existence d'un objet direct qui n'est pas ce dernier. Le s' est nécessairement dépourvu de fonction verbale car il ne peut y avoir deux actants objets à la fois (à moins de les coordonner).

Ici, se est objet indirect mais, suivant les verbes, sa fonction devient de plus en plus indirecte. Se plaire, se rire... Dans tous les cas de ce genre, les grammaires se rabattent sur une formule comme: «le sujet prend un intérêt particulier à l'action»... Le concept existait dans la grammaire latine sous le nom de datif éthique.

Dans un tel cas, il est normal que le réfléchi ne provoque pas l'accord. Mais va-t-on accorder alors avec l'objet, ou avec le sujet?
La rigueur à laquelle nous nous sommes astrein___ a porté fruit.
1 te
2 ts
3 tes
4 (Selon le contexte)
Sur le moment, je me suis demand___ si je ne m'étais pas embarquée dans une affaire inquiétante.
1 er
2 ée
3 (Selon la nuance de sens)
4 (Autre chose)
Les travaux se sont poursuiv_____ en plénière.
1 i
2 is
3 (Au choix, mais de préférence 1)
4 (Au choix, mais de préférence 2)
Elles s'étaient vant___ de réussir du premier coup.
1 é
2 er
3 ées
4 (N'importe)
Jacqueline s'est ______ dans ses enfants et petits-enfants.
1 survécue
2 survécu
3 (N'importe)
4 (Selon la nuance de sens)
Ils se sont édifié__ un chalet au bord du fleuve.
1 (Rien)
2 s
3 (Au choix, mais de préférence 2)
4 (Selon le sens)
La fille du chef de canton s'est prévalu__ de son origine noble pour se présenter aux élections législatives mais sa campagne s'est soldé__ par d'amers déboires.
1 e, e
2 (Rien), (Rien)
3 (Rien, e
4 e, (Rien)
Réaction 65


S'il n'y a pas d'objet possible, on accorde avec le sujet (d'autant plus qu'on a l'auxiliaire être). Mais attention : pas d'objet direct en vue. Ni indirect?


QCM  230522                   # 403      |100%              ·
Lot  EQ3acc   Cycle 23         Valide    |   |111111111111111111111111111111
Rép.     %      Niveau    Discriminance  |   |              ·
2*      25      1.80      0.40           |   |              ·
4       04      1.49      0.40           |   |              ·
3       35     -3.33      0.10           |   |              ·
1       36    -28.79      0.10           |   |              ·
+       01      0.00      0.00           |   |              ·         333334
-----------------------------------------|   |              3333333333  4442
Par les injures qu'ils se sont lanc____  |   |    3333333333·         44222
à la tête devant tout le monde, ils se   |50%|3333·················44422····
sont nu____ l'un à l'autre.              |   |              ·    44222
1)     és, is                            |   |              · 44422
2)     ées, i                            |   |              22222
3)     ées, is                           |   |            22·
4)     és, i                             |   |       44222  ·
                                         |   |    22222     ·
                                         |   |2222          ·


On nuit à qqn, donc se est objet indirect. L'invariabilité vient de là. Les deux strates supérieures du graphe réunissent ceux qui appliquent cette règle, qu'ignore la majorité.

Autre joyeuse complexité : il y a des verbes comme douter ou rire, à la fois sans objet direct et sans fonction précise pour le réfléchi. Ils ont pourtant un objet, mais construit indirectement (avec de). Le se de pure forme en fait des pronominaux «proprement dits» car il est grammaticalisé, il ne sert qu'à éliminer l'idée qu'il puisse s'agir d'une forme active sans instaurer pour autant l'idée d'une forme passive. Ils se sont doutés de quelque chose. EIles se sont ri de nous. Mais que faire? L'accord avec le sujet ou l'invariabilité?
Réaction 66


Les grammaires donnent se rire comme une exception. Invariabilité de se rire et se plaire.

Voici une liste de verbes (appelés agglutinés) qui sont seulement, «purement», pronominaux. Ils font l'accord avec le sujet car il ne peuvent avoir d'objet direct. Le se n'est pas réfléchi : il n'a pas de fonction précise. On est à la limite de l'actif et du passif.


S'absenter, s'abstenir, s'acharner, s'adonner, s'agenouiller, se blottir, se cabrer,
se carrer, se chamailler, se dédire, se démener, se départir, se désister, s'ébahir,
s'ébattre, s'ébouler, s'écrier, s'écrouler, s'efforcer, s'embusquer, s'emparer,
s'empresser, s'en aller, s'endormir, s'enfuir, s'enorgueillir, s'enquérir, s'en
retourner, s'en revenir, s'ensuivre, s'envoler, s'éprendre, s'escrimer (l'emploi
actif est vieilli), s'évanouir, s'évaporer, s'évertuer, s'extasier, se gausser, se
gendarmer, s'immiscer, s'infatuer, s'infiltrer, s'ingénier, s'ingérer, s'insurger,
s'invétérer, se lamenter, se méfier, se méprendre, se moquer, s'opiniâtrer, se
pâmer, se parjurer, se prélasser, se prévaloir, se prosterner, se ratatiner, se
raviser, se rebeller, se rebiffer, se recroqueviller, se réfugier, se réjouir, se
rengorger, se repentir, se soucier, se souvenir, se suicider, se targuer.
On observe que la présence d'un objet indirect avec de semble ne pas gêner l'accord, et même parfois avec à. L'imbroglio est tel qu'aucun grammairien ne s'y retrouve, et d'aucuns l'avouent. Les Rectifications s'y sont cassé les dents. Les meilleurs écrivains font ici des fautes, peut-on lire au journal officiel (Analyses, 5.) C'est une question qui «touche à la syntaxe et même à la prononciation» et il faudrait «modifier aussi les règles concernant les emplois non pronominaux». Bref, dans les Rectifications, la tâche s'est de nouveau révélée écrasante. On s'est limité à l'invariabilité de l'auxiliaire laisser + infinitif. Se a trop de rôles différents et le pivot du participe est parfois impossible à déterminer.

Mais si vous suiviez votre instinct, accorderiez-vous un vrai pronominal avec son sujet?
Réaction 67


QCM 30115                                100%|              ·
Lot Québec   Cycle 15         Valide     |   |       33333333333333333333333
         %   Niveau   Discriminance      |   |3333333       ·              +
2*      75     -5.21      0.12           |   |              ++11111111111111
1       18    -10.33      0.14           |   |    +++111111111
+       01    -10.66      0.15           |   |1111111       ·              2
3       06    -17.09      0.16           |   |              ·    2222222222
-       01      0.00      0.00           |   |         2222222222
-----------------------------------------|   |  2222222     ·
Elle ne s'est plus jamais préval__ de    |   |22            ·
ses origines écossaises.                 |50%|······························
1)     u                                 |   |              ·
2)     ue                                |   |              ·
3)     ues                               |   |              ·
4)     ut                                |   |              ·
La bonne réponse a bien reçu une majorité de votes mais la corrélation entre ces votes et la connaissance générale de la langue est faible (indice de discriminance). Prenons un autre exemple.


QCM  230520                              100%|              ·
Lot  F3c      Cycle 11         Valide    |   |              ·
        %     Niveau    Discriminance    |   |              ·
2*      65     -1.44      0.27           |   |              ·      111111111
1       23     -5.40      0.23           |   |              · 11111
4       12      0.00      0.00           |   |         1111111          2222
-----------------------------------------|   |    11111     ·      22222
Ils se sont baign__ au clair de lune     |   |1111          · 22222
puis se sont empar__ d'une chaloupe.     |   |              22
1)     és, é                             |   |         22222·
2)     és, és                            |50%|·······22·····················
3)     (Selon la nuance de sens)         |   |  22222       ·
4)     (Autre chose)                     |   |22            ·
La majorité considère emparé comme un vrai réfléchi, même si le verbe emparer est intransitif et que l'objet, en somme, du point de vue du sens, c'est plutôt la chaloupe --- mais du point de vue syntaxique, c'est un objet indirect car il est construit avec de. Cette fois, la corrélation est meilleure (0.27).

Une majorité entérine donc, tout de même, le côté vraisemblable de ces règles, l'accord un peu inexplicable avec un sujet pivot apparent. Faut-il enseigner tant d'incertitudes?

Voici, pour qui veut recevoir des garanties, une liste de verbes litigieux : ceux pour lesquels il existe une forme pronominale sans objet direct alors qu'ils peuvent aussi recevoir un objet direct, à la voix active. Ils sont transitifs mais, à la voix pronominale ils se construisent comme des intransitifs, s'accordant aussi, pour des raisons différentes.


Acheminer, affaiblir, apercevoir, approcher, arrêter, attacher, attaquer, attendre,
avancer, aviser, connaître, disputer, échapper (en français québécois), écouler,
étonner, éveiller, féliciter, hâter, jouer, lever, louer, oublier, plaindre,
prendre, presser, railler, résoudre, ressentir, saisir, sauver, servir, taire,
tromper.
Conclusion? C'est sans doute à cause de l'auxiliaire être que, presque dans tous les cas, les pronominaux s'accordent... mais il faut vérifier s'ils n'ont pas, dans la phrase, un autre objet direct que se (ou si se n'est pas complément indirect avec à). Dès lors, la règle de l'invariabilité de se rire est bel et bien l'exception, celle qui «confirme», comme on dit, la règle. On peut y joindre se complaire mais pourquoi se plaire et se déplaire? Le se n'est-il pas objet indirect? Leur invariabilité est conforme aux règles. À moins qu'on ne pense à un autre objet avec à (se plaire à la pensée que...) En ce cas, se perd son emploi d'objet indirect et on revient à la règle générale de cet accord avec le sujet.

Notons qu'ainsi, le cas du pronominal «de sens passif» n'a plus besoin d'être examiné à part. Les pommes se sont bien vendues. L'objet est dans le sujet mais de toute façon... qu'est-ce que cela change? Il suffit de vérifier l'absence d'objet, et que se ne soit pas objet indirect. La voie est libre, alors, pour accorder avec le sujet, en donnant à l'auxiliaire être sa pleine valeur. D'ailleurs, pourquoi ne pas se dire que ce sont en fait les pommes, par leur belle apparence, qui se sont fait bien vendre? Elles sont la cause et donc sujet d'une voix causative réduite (V. le chapitre sur la construction du verbe).

Si nous proposions de remplacer les règles et analyses par une seul principe, généralement applicable, cela vous intéresserait-il?
Réaction 68


Partons du fait que l'usager peu lettré ne peut s'embarrasser de trop de distinctions. Pour lui, ou bien le participe a un sujet passif et il s'accorde, ou c'est le contraire, et cela vaut pour tous les cas envisageables.

Ce critère d'un rôle qualifiant possible pour le participe se révèle assez utile et trouve son application dans une partie des verbes de la liste des purs pronominaux. On peut dire : ils sont acharnés, adonnés (à qqch.), agenouillés, blottis, cabrés, carrés (dans leurs fauteuils), ébahis, éboulés, écroulés, embarqués, empressés, endormis, enorgueillis, envolés, épris, évanouis, évaporés, extasiés, infatués, insurgés, invétérés, pâmés, prosternés, ratatinés, recroquevillés, réfugiés, réjouis, repentis et suicidés.

Voici pourtant des cas où le critère du participe qualifiant ne peut s'appliquer. On dit ils sont absents mais pas ils sont absentés; et de même pour : abstenus, chamaillés, dédits, démenés, départis, désistés, ébattus, écriés, efforcés, emparés, enquéris, en retournés, en revenus, ensuivis, escrimés, évertués, gaussés, immiscés, ingéniés, lamentés, méfiés, mépris, prélassés, prévalus, rebiffés, rengorgés, souciés, souvenus, targués.

Parfois, on ne sait si le critère fonctionne bien ou non. Certains verbes sont à la limite et leur situation est moins claire. Peut-on dire : ils sont en allés, enfuis, gendarmés, infiltrés, ingérés, moqués, opiniatrés, parjurés, ravisés, rebellés? En littérature, sans doute...

Cas où le verbe ne s'accorde pas.

Qu'importe est-il toujours verbe conjugué? Et peu importe?
Qu'importe__ les injures des mécontents et les malédictions des envieux!
1 (Rien)
2 nt
3 (Au choix, mais de préférence 1)
4 (Au choix, mais de préférence 2)
Réaction 69


Soit est-il toujours un subjonctif du verbe être?
Peu importai___ la pluie et le vent glacial.
1 t
2 ent
3 (N'importe)
4 (Au choix, mais de préférence 1)
Demandez à n'import___ quels autres téléspectateurs.
1 e
2 ent
3 (Au choix, mais de préférence 1)
4 (Au choix, mais de préférence 2)
Il fallait entendre applaudir soi___ les Lions, soi___ les Éléphants.
1 t, t
2 ent, ent
3 (N'importe)
4 (Selon le sens)
Réaction 70


Reste les facéties à Will, mais bon, ça passe. Comment comprendre ce reste? Un nom? Un verbe? Un mot grammatical invariable?

Restai___ deux solutions.
1 t
2 ent
3 (Au choix, mais de préférence 1)
4 (Au choix, mais de préférence 2)
Réaction 71


Voici trois indices de la nature verbale d'un verbe qui peut se grammaticaliser : que le sujet précède, qu'il y ait un complément, qu'il soit conjugué à un autre temps que le présent.

Le verbe n'a pas fini de retenir toute notre attention, notamment par sa position centrale dans la proposition. Nous y reviendrons dans un module de syntaxe. Le prochain module concerne la propriété des termes parce qu'il importe de préciser maintenant comment les mots lexicaux sont d'abord choisis en fonction de leur sens.

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