C’était
un jour de pluie, comme il y en aurait beaucoup d’autres. Je décidais de
retourner voir la Tour de
Villers. Il y a quelques semaines, déjà, j’y étais
repassé, ou plutôt je m’étais arrêté dans la cour de l’école qui
longe la Tour d’un côté. Je m’intéressais surtout à ce fameux
souterrain, que j’avais seulement pu traverser au cours de mes diverses
lectures. J’avais alors lié conversation avec un membre du personnel. Je le
retrouvai donc en ce jour. Pendant qu’il allait chercher les clefs, je
sirotais un bon café avec son collègue. La pluie ne cessait de tomber avec
importance.
Mon ami du moment revint avec les clefs et m’invita à le suivre. Après
avoir déambulé dans quelques corridors, nous sommes arrivés devant une
petite porte basse, en fer. La serrure fut malmenée, habituée qu’elle était
à demeurer verrouillée. Comme je le pensais, l’entrée dut se faire avec
l’humilité du pénitent. Le tunnel se relevait quelque peu par la suite,
mais guère beaucoup plus. Nous aurions pu être, là, dans le noir absolu. Le
système électrique était totalement hors d’usage. Par chance, j’ai
toujours avec moi une petite lampe pour de telles circonstances. Nous avons
marché pendant une courte distance, avant de rencontrer une échelle déposée
sur le sol. Il semblerait que l’endroit, déjà fort humide, se retrouve
parfois rempli d’eau, rendant le trajet plutôt périlleux.
Donc, nous voici, avançant dans le tunnel, en semi-équilibre sur cette échelle,
nous tenant par moment aux murs tout près. Mon guide est à l’avant, avec
ma lampe, me laissant ainsi souvent dans la pénombre. Cela renforce encore
plus l’ambiance des lieux. Plus loin, nous arrivons à une portion du tunnel
un peu plus haute que précédemment. Quel soulagement pour le dos ! En avançant,
nous remarquons, à l’occasion, d’autres ouvertures sur les côtés,
menant jadis à d’autres tunnels, aujourd’hui murés. L’imaginaire prend
parfois le dessus…
Nous poursuivons encore, pour finalement arriver à ce qui ressemble à un éboulement.
Dommâge! On raconte que jadis ce tunnel allait jusqu’à la Porte de
Hal.
Mais, les travaux de l’axe Nord-Sud, le remblaiement du pourtour de la Porte
de Hal ont fait que ce tunnel se trouve maintenant coupé/fermé à maints
endroits. Ne pouvant aller plus loin, nous faisons alors, avec regret (surtout
moi) demi-tour. C’est de nouveau le contact avec les murs. Un froid étrange,
mêlé à une humidité alacaline. Après la section presque confortable, nous
devons de nouveau courber l’échine et affronter l’obstacle de l’échelle
au sol. Un moment plus tard, nous repassons la porte en fer.
Je peux maintenant prétendre connaître une partie du mythe. Je quitte alors
mon guide, en le remerciant avec ferveur. Je retourne alors à cette pluie qui
ne s’est jamais faite absente.
De l’extérieur, il m’a semblé -en me basant sur une évaluation
approximative- que nous avons remonté la rue des Alexiens, en terrain plat,
jusqu’au boulevard de l’Empereur. Un peu comme si l’on avait tenté de
joindre la Tour de Villers à la Tour d’Angle
(Annesseens).