Eglise de la Sainte-Trinité

Quelques conversations et arrangements plus tard, conscient de mon privilège, j'avais maintenant accès à l'intérieur. Grâce à la gentillesse et la dilligence de mon guide, je pus en apprendre davantage. On m'avait parlé d'une église qui menaçait de s'écrouler... Je demandais à voir! Je n'ai rien vu... Ce que j'ai vu par contre c'est une église, un lieu, qui ne demande qu'à accueillir; de redevenir cet endroit où les gens peuvent parfois simplement être...

Nous entrons par ce qui est appelé "l'annexe" et accédons à une pièce, une ancienne sacristie, qui sert maintenant de lieu de célébration. Je ne suis pas dans l'église à proprement parler que, déjà, j'ai l'impression de réveiller ces lieux qui sommeillent.

La première partie où nous entrons est la plus récente. Nous sommes dans une pénombre éclairée par les couleurs des vitraux d'époque, anciens et intacts. Cette partie date des environs de 1904. On trouve maintenant une séparation entre la nouvelle partie et l'ancienne (1895), cloisonnement effectué vers 1975 pour des raisons de sécurité disait-on. Un peu étrange de se trouver dans cette "antichambre", envers du décor, occupé par un mélanges de buses de chauffage géantes, d'échafaudages, de statues, d'autels (dont un pesant 10 tonnes!). Eléments endormis d'une pièce jouant à guichet condamné...

Empruntant quelques passerelles, nous accédons au lieu de célébration "normal" (mais que veut dire la normalité dans un tel contexte). Celui-ci se trouve maintenant partiellement dans une coquille, composée de séparations et de faux plafonds. Je me dirige vers l'entrée, deux statues anciennes, provenant du Couvent des Augustins, me font signe, prêtes à s'animer. La lumière se marie avec les vitraux, inondant la pièce de couleurs d'un autre temps.

Gravissant quelques marches, nous montons à l'étage, retrouver un orgue aphone, victime d'une quiétude forcée. Ses entrailles endormies nous révèlent pourtant sa puissance. Du sommet d'une échelle, je contemple la hauteur et le début du faux plafond. 

Un autre accès nous mène au sommet. Plus de cent marches et 25 mètres plus haut, nous sommes maintenant sur la voute. Une passerelle traverse l'église. Difficile de ne pas sentir la chaleur de ces lieux. Nous contemplons un moment les parties séparées (1895 et 1904), réunies maintenant en un tout endormi. Revenant sur nos pas, les cloches (3) nous attendent. Elles s'expriment de leur voix résonnante et ne sourcillent pas.

Après quelques moments et beaucoup plus bas, les colonnes si fières guident nos pas. Leur assise sous terre (de 4 à 9 mètres) est immuable.

Embrassant du regard toute cette partie, nous la quittons, pour rejoindre l'avant. Nous sommes alors de nouveau dans cette partie encore "plus oubliée". Un dernier regard, quelques mots...

Nous traversons l'ancienne sacristie pour retrouver l'extérieur. La porte s'ouvre, nous sommes éblouis par la lumière et d'autres réalités...


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