La Porte de
Hal, appelée autrefois Porte d'Op Brussel fut construite en 1381. C'est le seul
vestige visible de l'ancien rempart de Bruxelles. En 1847, on en fit l'un des premiers
musées d'Europe. Mais l'ampleur sans cesse grandissante de ses collections rendit vite
l'essaimage nécessaire : armes et armures restèrent sur place et le reste fut exposé au
Cinquantenaire dès 1889.
En 1976 le musée ferma ses portes pour permettre à la Régie des
Bâtiments d'en entreprendre la restauration. La dernière phase de cette campagne qui
comprend la rénovation de la façade est imminente.
La Porte de Hal est une construction unique, témoin de plus de 600 ans
d'histoire. Le musée rénové présentera l'histoire du bâtiment lui-même à ses
visiteurs. La Porte donne accès à la ville. Des expositions temporaires mettront en
évidence le thème de la ville, pas de la ville de Bruxelles, mais de la ville en
général, avec son identité et ses problèmes spécifiques.
L'exposition "Centre-Centrum"
images de la vie en ville s'inscrit bien dans ce contexte.
Heurs et malheurs de la Porte d'Op Brussel
Le 17 août 1356 le comte de Flandres, Louis de Maele s'empare de
Bruxelles, mal protégée par un enceinte du XIIe siècle. Après la délivrance de la
ville par Everad 't Serclaes, les édiles décident de construire un nouveau rempart
afin d'en renforcer les défenses. Le projet est d'ampleur : 7500 mètres de muraille
défendue par 72 tours et percée de 7 portes fortifiées. En 1379, il est pratiquement
terminé, à l'exception d'un tronçon du côté Sud, faute de moyens financiers.
En l'absence d'archives, il est difficile de préciser la date de
construction de la Porte de Hal, mais on peut la situer entre 1357 et 1373. La position de
la porte de Hal, dite Porte d'op Brussel, semble déterminée par la présence d'un
affleurement rocheux dans une zone de sables instables. Contrairement à la légende elle
n'a pas été construite sur pilotis !
Comme en témoigne la forme de certaines meurtrières, les armes
à feu faisaient déjà partie de son arsenal. Mais si sa maçonnerie est à toutes
épreuves, sa position stratégique est faible, elle peut être facilement attaquée de
différents côtés. L'évolution de l'art de la guerre entraîne très rapidement da
démilitarisation, en 1464, et ses diverses affectations successives, en tant que prison,
réserve de blé, temple luthérien, dépôt d'archives, sont à l'origine de plusieurs
campagnes d'aménagement. A diverses reprises le bâtiment servit de prison, c'est ce qui
lui valu d'être épargné lorsque l'empereur Joseph II ordonna de démolir le rempart à
la fin du XVIIIe siècle. Souvent la conservation de la Porte de Hal fut remise en cause,
et bien des fois son sauvetage n'a tenu qu'à un fil.
Les transformations du XIXe siècle
En 1839, on propose de faire du bâtiment un musée.
L'utilisation d'un ouvrage militaire en musée ne va pas sans d'importantes
transformations : il faut penser commodité des accès et qualité de l'éclairage. De
plus, en 1840 le boulevard et le début de la Rue Haute sont surélevés de 3 mètres, ce
qui rend le passage charretier impraticable.
En 1860 Henri Beyaert est chargé de la transformation
définitive de la Porte en musée; L'architecte conçoit sa mission comme une recréation
à partir des structures existantes qui restent visibles dans les étages inférieurs.
Beyaert ajoute une façade neuve, dotée d'une tour qui abrite un
monumental escalier à vis. Il choisit de surélever le monument en le dotant d'un
chemin de ronde et d'un grenier dont la splendide charpente soutient une toiture
pittoresque. La restauration, qui restitue sa hauteur au bâtiment, concilie les nouvelles
exigences de l'aménagement d'un musée avec l'idée romantique que l'on se faisait
d'une construction médiévale en cette fin de XIXe siècle.
Le dégagement des structures médiévales
Le bâtiment, classé en 1990, fait l'objet de fouilles
archéologiques en 1991. Les structures anciennes sont étudiées et les enduits modernes
ôtés, laissant réapparaître au jour des éléments médiévaux tout à fait intacts.
Du côté de Saint-Gilles, le système défensif de l'ancienne entrée est aisément
reconnaissable. Dans la façade, on voit les ouvertures qui laissaient passer les chaînes
au moyen desquelles on manoeuvrait herse et pont-levis depuis la salle du premier étage.
De chaque côté de la construction, dans l'épaisseur du mur, se trouvent les cages
d'escalier médiévales.
La salle du premier étage conserve encore la pluspart de ses
structures originelles. Les colonnes et pilastres sans chapiteaux peuvent être
considérés comme un des témoins les plus typiques de l'architecture flamboyante. La
Porte de Hal est le seul exemple conservé de cette architecture remontant au-delà du
dernier 1/4 du XIVe siècle.
home | expositions | calendrier | événements | collections | activités pour le public | educatif associations |
supportez les MRAH | journal | infos pratiques | MRAH-shop | contact
|