BRUXELLA 1238
Du couvent franciscain au Musée archéologique.
Un rôle central dans la ville.
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Quelques années à peine après
la mort de Saint François d'Assise (1226), les premiers frères
franciscains arrivent à Bruxelles, ville marchande en plein développement
au cœur du duché de Brabant.
Partout en Europe, les franciscains s'implantent
au centre des villes, là où les métiers se développent,
où l'histoire médiévale écrit quelques-unes
de ses plus belles pages.
A Bruxelles, ils s'installent d'abord, vers 1230,
hors des murs de la première grande enceinte (du côté
de l'actuelle rue des Alexiens).
Vers 1238, ils s'établissent au bord de
la rivière, la Senne, à quelques mètres de l'Eglise
Saint Nicolas.
En 1244, ils sont autorisés à édifier
leur propre chapelle. Premier ordre mendiant de Bruxelles, ils prennent
en ville une importance qu'ils conserveront jusqu'à la fin du XVIIIe
siècle, développant leurs activités sociales et de
prédication.
Encadrant les masses populaires groupées
autour de la rivière, ils savent aussi se ménager les classes
dominantes, sources de subsides.
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Dès la fin du XIIIe siècle, il
semble bien qu'ils aient les faveurs du Duc de Brabant, puisque le chœur
de l'église accueille la sépulture de Jean Ier, mort accidentellement
en 1294.
Du fait de leur situation géographique
(et stratégique peut-on même dire), les franciscains sont,
dès lors, idéalement placés, en première loge
de tous les événements importants de l'histoire bruxelloise.
Entre 1579 et 1583, les troubles des guerres de religion endommagent le
couvent, notamment son église de style gothique.
Le tout est cependant rapidement remis en état,
dans un style plus classique-baroque.
En 1695, le bombardement désastreux de
Bruxelles par l'armée française détruit presque complètement
le complexe architectural dont la superficie s'étend alors des deux
côtés de la rivière. Dès 1697, sous les auspices
du Gouverneur général des Pays-Bas espagnols, Maximilien-Emmanuel
de Bavière, la reconstruction de l'église commence (elle
durera plusieurs années).
Un siècle plus tard, en 1797, un premier
coup fatal est porté à l'ensemble : la Belgique est alors
depuis trois ans, sous domination française.
Révolution de 1789 oblige, les biens religieux
sont sécularisés. Le mobilier de l'église est vendu,
ses murs détruits. Une partie des annexes est réaffectée,
les franciscains quittent un centre ville qu'ils ne réintégreront
plus. Le marché au beurre prend plus ou moins la place de l'église.
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A la fin des années 1860, le quartier
est pris dans les grands travaux de transformation du centre : la Bourse
de commerce imaginée par l'architecte Léon-Pierre Suys, inaugurée
en 1873, s'érige pratiquement à l'emplacement de l'église.
La rivière, la Senne, raison d'être
historique et colonne vertébrale séculaire de la ville de
Bruxelles, mais aussi source de graves problèmes d'hygiène
publique, disparaît définitivement du paysage urbain (un grand
chantier procède à son couvrement - plus tard, son cours
sera détourné).
En 1988, les fouilles archéologiques menées
par le Service des Fouilles de l'U.L.B., dirigée par le professeur
P.P. Bonenfant, ramènent au grand air le passé qui dormait
« sous les pavés ».
Fort heureusement (pour nous aujourd'hui), la
création d'une rue longeant la Bourse de commerce au moment de son
érection avait, sans le vouloir, épargné une partie
des fondations, et aussi des murs en surface du couvent franciscain (le
niveau de la rue médiévale était plus bas que le niveau
actuel). Ces vestiges composent aujourd'hui un lieu de mémoire unique
du patrimoine bruxellois : le musée Bruxella 1238.
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Renseignements et visites guidées : Service
éducatif du Musée de la Ville
Tél. 0032 2 279 43 55 Fax. 00 32 2 279
43 62
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SOURCE : http://www.iihe.ac.be/homepages/ines2/bruxella/bruxella.html
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