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BRUXELLES
ET LA SENNE
L'historique
On suppose que Bruxelles naquit aux environs
du 10e siècle. Avant cette date, on sait très peu de choses.
Pour certains historiens, la naissance de Bruxelles reste une énigme
mais un fait est sûr, l'eau est l'attraction principale puisque la
rivière et plusieurs ruisseaux attirent les premiers
habitants dans cette vallée marécageuse bordée d'une
forêt .
On dit que le lieu fut domaine rural sous
le règne des Mérovingiens; qu' un oratoire fut construit
pour St-Michel à l'époque carolingienne et qu'un "Castrum"
fut édifié au 10e siècle sur la grande île de
la Senne. Les habitations se sont développées
autour de ces lieux.
Plan
du castrum
Au 11e siècle, le pouvoir politique
déménage de l'île Saint Géry pour aller s'installer
sur les hauteurs. Le comte de Louvain et de Bruxelles construit un château
sur la colline du Coudenberg.
A cette époque, il pense protéger
la ville qui s'agrandit et fait construire la première enceinte.
Celle-ci tient compte des fossés
et ruisseaux existant et est longue de 4km environ. Elle comporte une quarantaine
de tours de défense et sept portes. Photo
de la première enceinte.
Bruxelles devient prospère et se
développe sur les collines.
Coudenberg, colline froide, Galgenberg,
colline des potences et Treurenberg, colline du désespoir.
A la fin du 13e siècle et au début
du 14e siècle, le nombre d'habitants augmente, ainsi l'urbanisation
se développe. Bruxelles ne fut jamais assiégiée depuis
sa naissance et donc les habitants n'entretiennent plus les remparts. Certains
des habitants demandent l'autorisation de bâtir leur demeure contre
les remparts. Beaucoup d'habitants habitent hors des murs de la ville.
Les riches résidents encouragent l'exode des pauvres et donc des
petits villages sont créés autour de Bruxelles.
La plupart des bâtiments étaient construits en bois, seuls
les riches peuvent construire leur maison en pierre.
La deuxième enceinte fut construite
à cause ou grâce au comte de Flandre qui envahit Bruxelles
en 1356, un mercredi. Pour les Bruxellois, ce fut le "'quaden woensdag",
le mauvais mercredi. Profitant de l'absence du Comte, Everard't Serclaes
et un groupe d'amis délivrent Bruxelles quelques mois plus tard.
Cette occupation mit en évidence les faiblesses du système
défensif et une seconde enceinte fut construite. Celle-ci donne
à Bruxelles sa forme pentagonale et correspond à la petite
ceinture actuelle.
La rivière venait de Hal, entre à
Bruxelles à hauteur de l'actuel boulevard Lemonnier (voir la Grande
Ecluse), traverse le centre ville, puis quitte Bruxelles en
direction de Laeken. Elle est navigable au centre de la ville et a un petit
port. (un
pont au-dessus de la Senne) Des
bateaux peuvent y naviguer. Les embarcations de marchands viennent à
Bruxelles parce qu'elle se situe sur le grand axe Bruges-Cologne. Bruxelles,
grâce à la Senne, peut commercer avec Cologne ou Anvers. Mais
la navigation n'est pas très aisée sur cette rivière
peu profonde et au chemin sinueux.
De plus, lors de fortes pluies, les eaux,
ruisselant des collines, gonflent considérablement la Senne au centre
de la ville. Elle déborde et inonde les quartiers des environs provoquant
ainsi dévastations et épidémies. Par contre, en été,
elle est pratiquement à sec. L'ensablement progressif ralentit lui
aussi le trafic sur la rivière.
En plus des difficultés naturelles,
la rivalité entre Bruxelles et Malines- qui a obtenu un droit de
péage sur les marchandises venant d'Anvers- perturbe la navigation
au 13e siècle.
Les Bruxellois tentent, mais en vain, d'améliorer
la navigation sur la Senne. Finalement, on préfére
le creusement du Canal
de Bruxelles Willebroek qui offre une solution à
long terme et y est plus favorable.
Si la Senne permet le développement
du commerce à Bruxelles , elle favorise également l'artisanat
et son industrialisation. L'industrie textile et tout particulièrement
les draps de luxe font la fierté de Bruxelles au Moyen-Age. Foulons
et teinturiers s'installent près de la rivière. Photo
de la rivière vue de la rue des Teinturiers. La Senne attire
les fabriques d'indiennes dans leurs travaux de lavage, coloriage et d'impression
des toiles.
Les Bruxellois aiment la bière. L'air
particulier de la vallée de la Senne qui permet la fermentation
sans adjonction de levure, attire les brasseries. On brasse à l'époque
six sortes de bières à Bruxelles. Les brasseries du centre
ville vont disparaître avec le voûtement de la Senne. Photo
d'une brasserie
A côté de ces spécialités,
l'artisanat et le petit commerce sont très développés
dans ces quartiers du bord de la Senne. Nombreux sont les marchés
qui offrent aux Bruxellois poissons, fruits et légumes. Les rues
"Marché aux poulets, Marché au charbon, etc." rappellent
ce commerce.
Si la Senne est à l'origine de la
prospérité économique de Bruxelles, à partir
du 16e siècle, date du creusement du Canal, elle n'en est plus que
l'égout à ciel ouvert. Les eaux usées des différentes
industries et des particuliers s'y déversent. Par ordre de police,
les poissons et volailles non vendus et impropres à la consommation
doivent être jetés dans la Senne. Cette pollution rend les
quartiers insalubres et le choléra y est endémique. Les inondation
régulières de la Senne provoquent des épidémies.
La plus meurtrière est sans doute celle de 1866 qui fit plus de
3500 victimes.
Pour remédier à ce grave problème,
les autorités bruxelloises envisagent l'assainissement
de la Senne. A la fin du 19e siècle, la Senne
disparaît sous les boulevards Lemonnier et Anspach (voûtement
de la Senne). Dans les années 1950, le cours
de la Senne est détourné pour permettre la construction du
métro. La ligne 3 du pré-métro est construite dans
les années 1970 dans l' ancien lit de la rivière.
L'assainissement de la Senne
Vers 1850, les autorités commencèrent une lutte contre les nuisances. En 1861, une commission technique se mit en place sous les ordres du ministre Anspach et étudia plusieurs solutions. Ces concertations devaient déboucher en 1865 sur l'approbation des premiers projets d'assainissement, c'est-à-dire:
- le voûtement de la Senne dans sa partie agglomérée avec la création d'un grand boulevard central ;
- la séparation des eaux de la rivière des eaux d' égout, car ces dernières devaient être conduites vers une station d'épuration à fabriquer à Buda;
et en 1867 du commencement de la construction du premier voûtement de la Senne, constitué de
:
- deux grands puits centraux de 6,10 mètres de haut sur 4,50 mètres de large ;
- deux égouts latéraux reprenant chacun les eaux usées d'une rive du cours d'eau.
En 1871, ces projets achevés se révélèrent, par suite de l'urbanisation constante, rapidement faibles, particulièrement en dehors des anciens remparts.
Vers 1880, la Province de Brabant prit la décision de réunir une nouvelle fois une commission technique. A la suite de ces discussions, l'idée dite du " second axe hydraulique " parrallèle à la Senne et pouvant résorber le surplus des eaux de celle-ci se mit en place. Le canal proche de là constituait en toute évidence un solution possible pour les eaux de crues de la Senne tandis que celle-ci serait détournée dans le centre.
On créa des déversoirs vers le canal à hauteur de Lembeek et d'Anderlecht pour écrêter les crues; cette intervention n'apporta pas de solution aux problèmes locaux des inondations. Source
du document original
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