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BRUXELLES [page 1] (page 2) [page 3] [page 4] [page 5] Population : 133 138 habitants Superficie : 3 292 ha
LA CITE HELLEMANS
Afin
de remédier à l'insalubrité des impasses des Marolles, la cité sociale Hellemans
sera mise en chantier de 1912 à 1915. En 1905, l'architecte Emile Hellemans
imagine déjà un ensemble de six blocs parallèles d'inspiration
phalanstérienne. Leur conception était révolutionnaire pour l'époque, les
passages entre les immeubles étant extrêmement larges par rapport aux impasses
sordides qu'ils remplaçaient.
Ces blocs composés de briques de
différentes couleurs sont reliés entre eux par un passage et se caractérisent
par des tours-escaliers en saillie. Il est bon de préciser que les appartements
ne furent conçus que pour vingt cinq ans, selon le principe
des Congrès Internationaux d'Architecture Moderne. Ce qui en dit long sur
leur état…
LE VIEUX MARCHE
Place
du Jeu de balles, entre les rues Blaes et Haute, le Vieux-Marché demeure
l'un des témoins privilégiés d'une tradition. Transféré de la place Aneessens
en 1873 suite à l'aménagement du quartier, il offre
aujourd'hui un marché quotidien qui vaut assurément le déplacement. Le week-end
s'y tient une brocante qui, à elle seule, vaut le détour.
En
1902, les Marolliens manifestèrent pour le suffrage universel. Reflet de
cette histoire, le folklore est très présent, que l'on songe à plusieurs
personnages dont Pietje Schramouille, le charbonnier,
Zotte Louitje, le fou, et le Baron incarnant le snob. En 1997, les Marolles
s'enrichirent de sept géants : Georges, Woltje, les jumelles Marion et Isabelle,
Rolle et Kwiebe-Kwiebus.
LE BEGUINAGE
Emanation
d'une église gothique du XIIIème siècle, le béguinage de Bruxelles subira
de nombreux troubles consécutifs à des occupations successives. C'est à la
suite d'une série de pillages que l'on envisagea, dès
1585, la construction d'une nouvelle église dès 1585. Ce n'est qu'en 1657
qu'un béguinage composé de petites maisons fut élaboré dans un style en vogue
à l'époque, le Baroque. Ce type d'institution religieuse
offrait un refuge privilégié aux veuves et aux jeunes filles célibataires
qui, à défaut de vivre l'appel divin, pouvaient se consacrer aux soins des
malades dans le cadre d'un hôpital.
La
Révolution de 1789 mit à mal leurs projets. En 1801,
un Concordat permit la réouverture du béguinage. Désormais dépourvu désormais
de son église Saint Jean Baptiste (cédée à la paroisse du Finistère) et des
soins au malades dévolus à l'Hospice Pachéco nouvellement
construit en néo-classique (1824-1826) par l'architecte H.L.F. Partoes, le
béguinage perdit ses prérogatives et fut progressivement absorbé par le reste
du quartier.
Il
se présente sous la forme d'un double quadrilatère aéré
par deux jardins encadrés de galeries à arcades en pierre. A sa suite, plusieurs
nouvelles rues furent mises en chantier (Cyprès, Peuplier, Rouleau), changeant,
en l'espace de quelques années, la physionomie de l'endroit.
Le quartier du Grand Hospice était né.
Barnabé
Guimard est le principal concepteur et de la rue de la Loi et de la rue Royale
et de la rue Ducale. Il adopta la sobriété du style Louis XVI. On lui doit
également l'hôtel du Prince de Galles (au coin des rues
Royale et de la Loi), souhaité par la famille de l'Escaille. Quelques années
plus tôt, se réunissaient là les membres du club politique «Comité des Belges
et des Liégeois réunis».
La demeure sera acquise en 1838 par
l'Etat, lequel en fera le siège du Ministère de la Défense. L'on trouve à
proximité l'hôtel Torrington, jadis habité par le lord du même nom. Construit
par l'architecte Dewez, il a abrité le Ministère des
Finances et de l'Intérieur. A
la rue de la Loi se situe aussi le Résidence Palace, construit entre 1922
et 1928 par Michel Polak. Imaginé dans le style Art Deco, il visait des locataires
fortunés. C'est ainsi que plus de deux cent limousines
avec chauffeurs étaient mises à leur disposition. L'immeuble possédait nombre
de services (boutique, salon de coiffure, restaurants, piscine, théâtre...).
Certains appartements comptaient une dizaine de chambres.
Après plusieurs années de déclin, il a été reconverti en immeuble de bureaux.
Des projets tendent à le retransformer en immeuble de luxe pour les fonctionnaires
européens.
Enfin, au croisement de la rue Ducale et de la rue de
la Loi, l'abbaye Sainte-Gertrude de Nivelles fit bâtir un immeuble dû à l'architecte
Montoyer. Il fut acquis par le prince de Ligne avant d'être occupé par le
Ministère des Affaires étrangères. Ancienne rue du Brabant
(1779-1797), la rue de la Loi abrite le Parlement.
LE PARLEMENT
Un
premier palais de la nation fut construit de 1779 à 1783 par B. Guimard et
Sandrié. Il était censé héberger la Chancellerie et le Conseil Souverain
de Brabant (d'où le nom de rue du Brabant), puis les
tribunaux de l'Ancien Régime. Suite à un incendie survenu en 1820, l'architecte
Van der Straeten érigea un nouveau parlement. Dix ans plus tard, il devint
le lieu de réunions des députés et des sénateurs. Le
fronton dominant l'entrée est signé Godecharle. Il comporte les allégories
de la Religion, de la Constance et de la Justice.
Le
Prince Guillaume d'Orange y logea en 1816 en attendant la construction de
son Palais. C'est là que naquit un an plus tard Guillaume
III, l'arrière-grand-père de la reine Béatrice des Pays-Bas. Un nouvel incendie
détruisit la Chambre en 1853. L'architecte H. Beyaert mit trois ans pour
la reconstruire. Plus luxueux que la Chambre, le Sénat
a été édifié par T.F. Suys, de 1846 à 1849. Il a été agrandi en 1903 par
Gédéon Bordiau. On doit les peintures à Louis Gallait et Jacques de Lalaing.
L'immeuble
à droite du parlement, et datant de 1779, est dû à l'architecte
Baudour. Occupé d'abord par la Chambres des Comptes du Brabant, il servit
ensuite de siège à la Cour d'Appel. Au numéro 12, l'hôtel du Ministère des
Finances appartenait jadis au banquier Edouard de Walkiers.
Il abrita l'ambassade de Hollande après 1830, avant d'accueillir le Ministère
des Finances.
La
jonction entre les bâtiments de la rue du Chêne et ceux de la rue du Lombard
date de 1922. Elle permit de loger les bureaux du Conseil provincial. Notons;
entre parenthèses, que la grande salle du Conseil provincial
s'ornait d'une tapisserie monumentale de Somville et Dubrunfaut : «Le triomphe
du Brabant". La rue du Chêne sert aussi d'adresse à la résidence du gouverneur.
Cette résidence offre un des rares exemples d'hôtel
particulier du XVIIIème siècle à Bruxelles. Il trouve son origine vers 1696
lorsque Charles Vanden Berghe de Limminghe, futur bourgmestre de la ville,
le fit construire.
C'est en 1823 que le gouverneur Guillaume Ier des Pays-Bas
acquit les bâtiments de la comtesse Roose de Baisy afin qu'ils servent de
résidence au gouverneur du Brabant, le vicomte Dubus de Gisignies. Le bâtiment
sera modifié en 1884 et 1929. Quant à la galerie des
glaces faisant la liaison entre le palais du gouverneur et la rue du Lombard,
elle n'a été réalisée qu'en 1903 à l'occasion du prolongement de la rue du
Lombard. On y accède par un vaste escalier de marbre
débouchant sur la salle qui, jadis, faisait office de salle de bal. Entre
les meubles Charles X et Louis XIV et les tableaux contemporains, la demeure
mélange harmonieusement les époques. Elle possède aussi
un salon des Dames et des Ambassadeurs.
Au fil
des ans, le bâtiment s'est enrichi de nombreuses œuvres d'art. Nombre de
celles-ci représentent nos souverains ainsi que des aspects de la vie bruxelloise.
Armand Massonet a, par exemple, fixé la Foire du Midi
sur la toile tandis que Jean-Jacques Gailliard s'est lui attaché à mettre
sur le parvis une boutique des Marolles.
Parmi
les autres œuvres, citons celles des sculpteurs Geefs,
Cliquet et Courtens ainsi que les tableaux des peintres De Kat, Delaunnois,
van Wel, Wery, Mathys, Oleffe, Laermans, Mommaerts, Volkaert, Roidot et Decorde.
Le palais provincial a subi d'importants travaux en 1999 : il
accueille désormais les membres du parlement bruxellois. Un hémicycle
et une verrière ont été ajoutés.
LE PALAIS D'EGMONT
Situé
rue aux Laines, l'ancien palais construit par les ducs d'Arenberg au XVIIIème
siècle (d'après les plans de Jean-Nicholas Servandoni) a été érigé sur l'ancien
Hôtel des comtes d'Egmont, un hôtel dont il ne reste
que l'aile Renaissance de la cour intérieure. Des agrandissements orchestrés
par l'architecte Suys furent programmés en 1830. L'aile droite, détruite
par un incendie en 1892, fut reconstruite par l'architecte
Flanneau en 1905-1906. L'Etat en est devenu le propriétaire en 1964, demandant
sa restauration à Hugo Van Kuyk en 1971. Le Palais d'Egmont s'est fait une
spécialité des réceptions officielles.
Le
27 de la rue du Chêne n'est autre que l'ancienne auberge Saint-Jean-Baptiste.
Elle a aujourd'hui le nom de l'artiste-peintre Ph.-Ch. Schott qui l'a acquise
en 1942. Si son origine remonte au bombardement de 1695,
la demeure accueillit aussi sa collection d'objets, de meubles et de tableaux.
Classée en 1958, elle fut léguée à la ville de Bruxelles à la mort de son
propriétaire, en 1964. Rendue un temps accessible au
public, elle ferma définitivement ses portes, faute de moyens. Rénovée à
grands frais par son nouveau propriétaire, la Fondation Roi Baudouin, elle
a été transformée en lieu d'habitations, de réunion
et d'expositions.
LES TROIS PRISONS
Au
Moyen-Age, on recensait trois prisons à Bruxelles. Au XVIème siècle, le Treurenberg
(Mont des pleurs) servait de prison d'Etat et fut baptisé «château des pleurs».
L'utilisation du Steenpoort (Porte en pierre) remonte
elle à la nuit des temps. Cependant, devant sa dégradation et la multiplication
des évasions, elle fut détruite en 1760. Sa fonction fut dévolue à la Porte
de Hal (Halpoort). La troisième prison se dénommait
le «Vrunte» ou «Amigo» pour les Espagnols (ainsi baptisée par erreur en raison
de la signification de «vriendt» ou «ami» en flamand). Sans implantation
fixe jusqu'en 1521, elle ne trouva refuge que dans une
maison située en face de la halle aux draps.
Les
numéros 58-62 de la rue des Tanneurs abritent le Palais des vins. Celui-ci
date de 1909 : c'est un bel exemple de construction industrielle Art Nouveau.
L'architecte F. Symons a conçu une façade de travées
surmontées d'un arc. Chaque tympan est orné d'un blason en sgraffitte aux
armes des grands centres vinicoles (Mayence, Saumur, Porto etc.). L'entrée
s'enrichit d'un fronton.
Un
agrandissement conçu selon les plans de l'architecte
Hamesse a pris corps en 1919. Malgré son classement partiel, il ne sert aujourd'hui
que d'entrepôt. Son propriétaire actuel (la Ville de Bruxelles, depuis 1996)
envisage de reconvertir ce site de 18 000 m2 en centre
industriel (centre d'entrepises, logements, etc.) grâce, notamment, au fonds
européens du programme «Objectif 2». Le projet de réaffectation a été confié
aux bureaux «Christophe Gillis-Arch» et «Ozon architecture
SCRL».
LES MAGASINS OLD ENGLAND
Composés
d'une structure en métal et en verre, ils comportent un bow-window sur deux
étages au sommet duquel se situait jadis un tea-room. Abandonné durant plusieurs
années, ce bâtiment, conçu en 1899, selon les plans
de l'architecte Paul Saintenoy, abrite le Musée instrumental (MIM) qui possède
une collection exceptionnelle d'instruments de musique. A sa gauche, on découvre
la rue Villa Hermosa. Elle représente l'une des dernières
impasses de la capitale. Au siècle dernier, y prospérait la brasserie «The
Prince of Wales».
Elles
s'entassent au 59 de la rue des Tanneurs. Le bâtiment des années 1740-1742
servit de refuge à l'abbaye de Gembloux. En 1806, elle fut acquise par un
certain M. Devis qui y aménagera une tannerie. Au début
du siècle, l' édifice passa entre les mains des établissements Waucquez,
puis de la ville de Bruxelles. C'est aussi l'adresse du Centre International
Marguerite Yourcenar.
LE METRO
Bruxelles
regroupe la plus grande concentration de stations de métro. Bien qu'envisagés
dès 1963, les travaux ne commencèrent pourtant qu'en 1965 avec la première
ligne reliant le rond-point Schumann à place Sainte-Catherine,
puis la gare du Nord à la gare du Midi.
Détruit
à l'occasion de la construction des abords de la gare centrale après trois
cent ans d'existence (1650), l'Hôtel d'Ursel fut remplacé en 1966 par la
tour Westbury, haute de vingt-trois étages ! A quelques
pas de là, fut érigé l'Hôtel de Schoenfeld, de style Louis XV. Construit
en 1770, l'Hôtel de Schoenfeld a pour principal originalité d'avoir abrité
le deuxième Consul de Napoléon, Cambacéres.
Avant de rejoindre ses
locaux de l'avenue Franklin Roosevelt, l'Université Libre de Bruxelles avait
pris ses quartiers dans l'ancien Palais Granvelle, de style Renaissance.
Le Plalais Granvelle fut démoli en 1938 pour permettre
la construction de la Galerie Ravenstein !
L'HOTEL RAVENSTEIN
Aujourd'hui,
seul le corps principal de l'hôtel Ravenstein (rue Ravenstein) demeure. Il
n'empêche ! L'hôtel Ravenstein même grevé de ses dépendances d'antan, reste
bien le seul vestige d'architecture seigneuriale privée
à Bruxelles. Il remonte au XVème siècle. L'endroit s'appelait alors le quartier
des Juifs, ces derniers souhaitant se mettre sous la protection du palais
ducal. L'hôtel fut édifié par la famille de Clèves-Ravenstein.
Composé de briques et de grès lédien, il comporte deux ailes et s'articule
autour d'une cour intérieure. Restauré en 1893 par Saintenoy, il devint,
trois ans plus tard, le siège de sociétés scientifiques,
artistiques et littéraires. Propriété de la Ville de Bruxelles, il subit
une seconde restauration en 1934 par François Malfait. Son classement intervint
trois années plus tard.
A
l'origine de l'église de la Chapelle, on retiendra la volonté de sacraliser
l'entrée de la ville. L'édifice remonte à 1134. Une chapelle fut ainsi élevée
par Godefroid Ier le Barbu en cadeau pour les moines
de l'abbaye du Saint Sépulcre de Cambrai. L'augmentation de pèlerins incita
à en faire une église paroissiale en 1210. Hors des murailles de la ville,
elle garda longtemps son caractère populaire parce qu'entourée
de champs et de marais.
Les
terres gagnées sur la Senne virent logiquement s'établir des filatures, des
blanchisseries et des lavoirs. En 1250, le duc Henri III offrit des morceaux
de la «Vraie Croix» qui engendra le culte de la Sainte-Trinité.
Il donna lieu à la kermesse paroissiale, «Schollekermis", ainsi qu'à un pèlerinage
qui subsista jusqu'au XXe siècle. Il était réputé pour soigner les maladies
des yeux.
Parmi les sculptures qui la décorent, épinglons
les statues de la Sainte-Trinité (XVème siècle), Notre-Dame de la Chapelle
(fin XVème - début XVIème siècle), Notre-Dame de Soledad (milieu XVIème siècle)
dues à Gaspar Becerra et Marguerite d'Antioche (XVIème
siècle). Le tabernacle de la Sainte-Croix fut offert en 1647 par Charles
d'Hovyne.
Naguère,
trois tableaux de Rubens y étaient accrochés. En 1765, le «Christ remettant
les clés à Saint Pierre" fut vendu à un marchand hollandais,
la fabrique d'église étant sur la paille. Depuis 1936, cette œuvre réside
dans un musée berlinois. Il ne reste aujourd'hui que 4 des 7 retables peint
par Henri De Clerck. Jan Van Eycken a repeint les murs
entre 1850 et 1852. Enfin, une statue de la Sainte Trinité de Constantin
Meunier a été exécutée en 1892.
L'édifice
a subi quelques transformations, en nombre desquelles la suppression de la
tour de la croisée du transept en 1695 et la modification
du revêtement de la tour Ouest par l'architecte Pastorana au XVIIème siècle.
Le petit édifice accolé au transept sud est la partie la plus ancienne de
l'église. La fenêtre, en partie cachée par la sacristie,
est purement romane. Après 1210, date de l'érection de la paroisse, on agrandit
le bâtiment dans le style romano-ogival. La partie ogivale (nef et collatéraux)
date du XVème siècle.
Au XVIIe siècle, l'influence croissante des
Jésuites contribua à l'acquisition des portraits du fondateur de l'Orde,
saint Ignace de Loyola et du missionnaire Francisco de Jaso. Paul Claudel
y priait souvent lorsqu'il était ambassadeur de France
à Bruxelles. Il la comparait à une paysanne endimanchée. Plusieurs autres
artistes contribuèrent à son embellissement parmi lesquels le peintre Jean-Jacques
Gaillard et les dessinateurs Darcy et Naeyart.
Baudelaire lui consacra même un conte
: «Costume de béguine. Grand deuil, grands voiles, noir et blanc, robe détamine
noire". Rodin s'y attardera également.
LES AUTRES EDIFICES RELIGIEUX
Construite
rue de la Montagne, incluse dans la chaussée qui au Moyen Age reliait l'Ouest
à l'Est de Bruxelles, la chapelle Sainte-Anne s'est vu offert le groupe de
sainte-Anne et de la Vierge par Jérôme Duquesnoy, moyennant
l'érection de la chapelle à l'endroit précis où elle se trône actuellement.
Cependant, elle fut en partie reconstruite - seule la façade est d'origine
- après les bombardements de la capitale par les troupes
de Louis XIV. Une seconde modification fut apportée lors de la construction
de la jonction Nord-Midi. En effet, seule la façade fut démontée à la suite
de l'amputation de la rue … et remontée près de la Chapelle
de la Madeleine !
En
1988, des travaux entamés à côté de la Bourse ont mis au jour les vestiges
du Couvent des frères mineurs, érigé en 1238. Dans le chœur de l'église,
on a retrouvé le caveau de Jean Ier, duc de Brabant,
décédé en 1294. Depuis, un musée a ouvert ses portes sur le site même.
Construite
de 1663 à 1667 par Léon Van Heil, l'église de l'ancien couvent des Brigittines
comporte une seule nef, de briques et de pierres blanches,
dans le style baroque brabançon. Aux réformes antireligieuses de Joseph II,
les Brigittines servirent d'entrepôt et de boucherie. Restaurée (de 1964
à 1975) par les architectes Rombaux et Lessine, elle
accueille aujourd'hui des compagnies de danse et de théâtre. L'Ordre des
Brigittines fut fondé par sainte Brigitte de Suède.
Le
style baroque caractérise plusieurs édifices religieux. C'est le cas de
l'église des Augustins qui, à l'origine, se trouvait en
lieu et place de ce qui, en 1642, allait devenir la place de Brouckère. Conçue
par Jacques Francart, elle a été démontée et transférée rue du Bailli, à
Ixelles.
Erigée par Luc Faid'herbe en 1671, l'église Notre-Dame
des Riches-Claires, appartenant à l'ordre de religieuses du même nom jusqu'en
1796, comporte une coupole hémisphérique. Un incendie l'a en partie endommagée
en 1989, détruisant des confessionnaux ainsi que des
statues de la Vierge. Des travaux ont en partie effacé la trace de ces dégâts.
Dernier
édifice de style baroque, Notre-Dame du Finistère passe relativement inaperçue
parmi les magasins de la rue Neuve. Cependant, nombreux
sont ceux qui s'y arrêtent entre deux rendez-vous. Elle a été la cible d'
une restauration d'envergure dans les années nonante. Elle a pour caractéristique
de posséder trois nefs. Le poète Germain Nouveau (1851-1920)
vint y prier en 1892 … avant de tomber dans le mysticisme. Comme
tant d'églises, celle de Saint-Nicolas était au départ une chapelle élevée
par des marchands à leur saint patron, Nicolas, évêque
de Myre. Son culte se répandit au Moyen Age lors du transfert de ses reliques
à Bari. Au Moyen Age, elle était entourée d'une place où se tenait un marché
à la volaille et aux fruits et légumes. Un cimetière
entourait l'église, du reste séparée par un ruisseau. Pour l'anecdote, les
Bruxellois ont été baptisés «keekefretters" (mangeurs de poulets) en souvenir
de la bataille du duc Wenceslas et de ses hommes (en 1371) contre les
bandits de grands chemins emmenés par le duc de Juliers.
A l'issue d'un combat, le duc de Juliers s'empara des provisions (poulets
et vin).
Des
vestiges romans datant du XIIème siècle ont été trouvés. Cependant, le
bâtiment a été reconstruit au XIVème siècle. Il fut l'objet
de nombreuses mésaventures, à commencer par la chute de son beffroi (en 1367
et 1714) et les bombardements, de 1579 et 1695. En 1799, il fut vendu à des
industriels avant de retrouver sa vocation première.
Le beffroi servit de réunion aux membres du magistrat. On y conserva aussi
les archives et le sceau de la ville représentant Saint-Michel. Il disposait
aussi d'une cloche annonçant les exécutions de la Grand-Place.
La chapelle fut
pour sa part élevée en 1486, selon les plans de Pierre Van Roedingen. L'ensemble
a connu une restauration (en 1695 et en 1952) des mains de l'architecte Rombaux.
Un bas-relief du sculpteur Lacroix a été rajouté à la
façade redessinée par Rombaux . A la sortie de l'église, le visiteur aperçoit
une statue de Marc De Vos intitulée «La Laitière". L'œuvre originale qui
date de 1867 a été détruite. Elle trônait dans le parc
de Bruxelles.
De
style proche du néoclassicisme, l'église de Saint-Jean et Saint-Etienne aux
Minimes date du début du XVIIIème siècle. Elle comporte une chapelle dédiée
à Notre-Dame de Lorette, reconstruite en 1819.
L'ordre des Minimes
a été fondé par saint-François de Paule (1416-1508). Il instaura un carême
perpétuel. Les membres s'habillaient d'une robe noire et s'adonnaient à la
contemplation et à l'étude. Les Frères s'établirent
d'abord près de l'église Saint Pierre d'Anderlecht (en 1616) avant de venir
à Bruxelles. Des dons permirent l'acquisition de la maison de Vésale. Une
église fut ensuite bâtie en 1621 dans un quartier où
grouillaient de nombreuses prostituées. Ce qui explique que l'on a ajouté,
à côté de l'église, une chapelle où l'on lisait l'inscription suivante :«Que
fuerunt Veneris nunc funt Virginis aedes» (Ce qui autrefois fut
le temple de Vénus est devenu aujourd'hui la maison de la Vierge).
L'église
des Minimes, tel qu'en l'état actuel, a été commencée en 1770 par le père
Philibert Bressand. Elle fut partiellement achevée en 1715. Joseph II
l'unit à la communauté d'Anderlecht en 1787. Le couvent
a été converti en hôpital militaire, puis en magasin d'artillerie, en fabrique
de chapeaux de paille, en manufacture de tabac, en imprimerie lithographique
et, enfin, en prison de femmes. L'église actuelle est
conçue selon un plan basilical. La façade comporte des colonnes corinthiennes
et des pilastres. L'ensemble se veut de style néoclassique. L'église possède
trois cloches datant des XVIe et XIXe siècle.
La chapelle érigée à côté des Minimes
date de 1819. Elle a été décorée par les peintres Pierre et Jean Tasson.
La tradition veut que la statue qui y trône aurait été taillée dans le bois
du chêne qu'aurait planté saint Guidon à Anderlecht.
C'est la seule église de Belgique à appartenir à sa fabrique.
La
première pierre de la chapelle Notre-Dame de Montserrat fut posée par l'Archevêque
en 1686 et consacrée l'année suivante. Sa fondation
est due à Alice Baligues, une catalane, qui, sous la domination espagnole,
décida de construire un lieu de culte en l'honneur de l'évêque d'Anvers.
Vendue en 1799 comme bien national, elle a été convertie
en habitation particulière et remplacée par l'église des Minimes. Son
frontispice était composé de quatre pilastres d'ordre ionique et d'une corniche
surmontée d'un fronton. Sur le maître autel, une descente de croix de Jean
Van Orley. Un jardin jouxtant le bâtiment se prolongeait
jusqu'à la rue aux Laines.
De
1959 à 1987, un oratoire occupa le rez-de-chaussée. Fautede soutien ecclésiastique,
il dut cependant fermer ses portes. A deux pas de là,
la rue de l'Abricotier est connue de tous les Bruxellois. Si l'origine de
son nom demeure un mystère, son pendant flamand, «Bloempanchgang» se réfère
au boudin dit «bloedpens».
Au
lendemain de la Révolution russe de 1905; nombre de juifs arrivèrent
à Bruxelles. En conséquence de quoi,
une
synagogue s'ouvrit au n°18 de la rue de l'Eglantier. Elle fut transformée
en classes, avant d'être démolie en1984. En 1957 déjà, la communauté juive
avait rejoint le 148 de la rue des Tanneurs. Dix ans
plus tard, elle déménagea rue de Stalingrad.
Inaugurée en 1878 rue de la Régence par le grand Rabbin
Astruc, la synagogue de Bruxelles prenait la suite d'un bâtiment plus petit,
situé rue de Bavière. Sur quinze projets, celui de l'architecte De Keyser
retint l'attention.
Afin de ne pas confondre le lieu de culte avec
une église, on décida de compléter l'ensemble de style roman par des motifs
byzantins. La façade et ses deux tourelles sont agrémentées d'un campanile
et d'un dôme. Les vitraux ont été réalisés par le brugeois
Henri Dobbelaere, le candélabre monumental est du à la compagnie des bronzes.
Quant au mobilier et au tabernacle où se sont enfermés les Tables de la Loi,
ils ont été réalisés par les ébénistes de la maison
Demeuter.
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